Publié le 2024-02-29 10:00:00. L’accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence médicale où chaque minute compte. Comprendre les symptômes et agir rapidement est crucial pour limiter les séquelles et sauver des vies.
- Près de 80 % des AVC sont d’origine ischémique, causés par un blocage d’une artère cérébrale.
- La rapidité de la prise en charge médicale est déterminante : environ deux millions de neurones disparaissent chaque minute sans apport sanguin.
- Les principaux symptômes incluent une faiblesse faciale, des troubles de la parole et une perte de sensibilité d’un côté du corps.
L’accident vasculaire cérébral, ou AVC, survient lorsque l’apport sanguin au cerveau est interrompu, privant les neurones d’oxygène et de nutriments essentiels. Ce manque d’irrigation entraîne la mort rapide des cellules cérébrales, avec des conséquences potentiellement graves et durables. Il existe deux types principaux d’AVC, selon la cause de l’interruption du flux sanguin.
Selon le Dr María del Mar Freijo, coordinatrice du Groupe d’étude sur les maladies cérébrovasculaires de la Société espagnole de neurologie (SEN), l’AVC ischémique, qui représente environ 80 % des cas, est dû à un caillot sanguin (thrombus) obstruant ou réduisant le diamètre d’une artère cérébrale. L’AVC hémorragique, plus rare (environ 20 % des cas), est quant à lui causé par la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.
« Dans tous les cas, et quel que soit le type d’accident vasculaire cérébral, la rapidité avec laquelle les soins médicaux seront reçus dès l’apparition des premiers symptômes influencera grandement le pronostic des patients, car pour chaque minute qui passe sans que le sang n’arrive au cerveau, près de deux millions de neurones meurent. »
Dr María del Mar Freijo, coordinatrice du Groupe d’étude sur les maladies cérébrovasculaires de la SEN
Face à la suspicion d’un AVC, il est impératif d’appeler immédiatement les services d’urgence. Comme le souligne la neurologue, il s’agit d’une urgence médicale absolue.
Reconnaître les symptômes d’un AVC est essentiel pour une intervention rapide. Ces symptômes apparaissent généralement de manière soudaine et inattendue. Les spécialistes de la Société espagnole de médecine d’urgence (SEMES) identifient plusieurs signes clés, qui peuvent se manifester isolément ou combinés : une perte de force ou une paralysie du visage, une déviation de la bouche, une faiblesse soudaine du bras et de la jambe du même côté du corps, une perte de sensibilité (perçue comme une “raideur”) du même côté, une perte de vision (totale ou partielle) d’un ou des deux yeux, des difficultés d’élocution ou une incapacité à comprendre le langage, un mal de tête soudain et intense, différent des maux de tête habituels, ou encore des vertiges sévères pouvant entraîner des chutes.
Ischémique ou hémorragique : des traitements différents
Une fois le patient arrivé dans un centre de santé, l’équipe médicale procède à une évaluation des symptômes et réalise des examens d’imagerie cérébrale (neuroimagerie) pour confirmer le diagnostic d’AVC et déterminer s’il s’agit d’un AVC ischémique ou hémorragique. Le traitement diffère en fonction du type d’AVC.
En cas d’AVC ischémique, l’objectif principal, selon les spécialistes de l’Hospital Clínic de Barcelone, est de rétablir le flux sanguin le plus rapidement possible afin de minimiser les dommages cérébraux. Pour ce faire, deux techniques sont utilisées : la thrombolyse intraveineuse et la thrombectomie mécanique, et ce jusqu’à 24 heures après le début des symptômes.
La thrombolyse intraveineuse consiste à administrer par voie veineuse un médicament capable de dissoudre le caillot sanguin. La thrombectomie mécanique, quant à elle, est utilisée lorsque le caillot bloque une des principales artères irriguant le cerveau. Des cathéters sont introduits par l’artère de l’aine pour atteindre l’artère cérébrale obstruée et éliminer le caillot.
Pour les AVC hémorragiques, si le saignement se situe près de la surface du cerveau, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour évacuer le sang ou traiter la lésion hémorragique, notamment en cas de malformations vasculaires. Dans certains cas, une angiographie (examen des vaisseaux sanguins à l’aide de rayons X et d’un produit de contraste) peut être nécessaire pour localiser la source de la rupture. Le vaisseau sanguin endommagé est alors scellé à l’aide de dispositifs tels que des coils (spirales métalliques) ou des clips (petites pinces métalliques).
Les spécialistes de l’Hospital Clínic précisent que ces interventions permettent de mettre hors circulation la partie endommagée du vaisseau, empêchant ainsi de nouvelles hémorragies.
Qu’il s’agit d’un AVC ischémique ou hémorragique, la rapidité de la prise en charge médicale est cruciale. Francisco Aranda, coordinateur du groupe de travail Neuro SEMES, de la Société espagnole de médecine d’urgence, souligne que SEMES a observé une amélioration significative de l’évolution des patients lorsqu’ils reçoivent une intervention dans les trois heures suivant le début des symptômes.
Les spécialistes de l’hôpital Victoria Eugenia de la Croix-Rouge à Séville insistent également sur l’importance d’arriver à l’hôpital suffisamment tôt pour que le traitement soit efficace. Ils soulignent qu’il arrive parfois qu’aucun traitement ne puisse être administré, soit parce que le caillot est trop dur pour être dissous, soit parce que les neurones sont déjà irrémédiablement endommagés.
L’AVC est une maladie potentiellement mortelle aux conséquences importantes. Les séquelles peuvent varier considérablement d’un patient à l’autre. Selon les médecins de l’Hospital Clínic, environ un tiers des patients se rétablissent complètement, un autre tiers subit des séquelles graves affectant la mobilité, la parole, les fonctions cognitives et l’autonomie, et enfin, un tiers décède des suites de l’AVC, soit pendant l’hospitalisation, soit dans les mois suivants en raison de complications médicales.
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