Publié le 13 novembre 2025 à 07h12. Dix ans après les attentats qui ont frappé Paris, la ville commémore aujourd’hui les victimes, tandis que les Parisiens rendent hommage sur la place de la République et des événements sont organisés à travers la capitale.
- Des cérémonies officielles se déroulent aujourd’hui dans les lieux attaqués, notamment au Stade de France et au Bataclan.
- Un nouveau jardin du souvenir sera inauguré ce soir, gravé des noms de toutes les victimes.
- L’organisation Life For Paris, regroupant des survivants, a annoncé sa dissolution, marquant une étape dans le processus de deuil et de reconstruction.
Paris est en deuil, mais aussi en mémoire. Dix ans après les attaques terroristes du 13 novembre 2015, la capitale française se souvient des 130 personnes qui ont perdu la vie lors de la série d’attentats revendiqués par le groupe État islamique (EI). Des commémorations officielles et des hommages spontanés se multiplient à travers la ville.
Le 13 novembre 2015, Paris a été plongée dans l’horreur. Trois groupes terroristes ont mené des attaques coordonnées : au Stade de France, sur les terrasses de cafés et dans la salle de concert du Bataclan. Les assaillants ont ouvert le feu, semant la panique et la mort. Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos, a été condamné à la prison à vie pour son rôle dans ces événements. Il a été condamné à la réclusion à perpétuité.
Depuis samedi dernier, des Parisiens se rendent sur la place de la République pour déposer des fleurs et allumer des bougies, un geste de recueillement similaire à celui observé immédiatement après les attentats. « Quoi que vous déposiez, aussi petit soit-il, c’est un hommage aux victimes qui sont tombées alors », a déclaré un homme présent sur la place.
Des conférences, des expositions et des concerts sont organisés dans toute la ville pour marquer cet anniversaire. Des documentaires, des films et des livres revisitent cette journée tragique, surnommée le « vendredi noir » par le journaliste Daniel Psenny.
Daniel Psenny, qui habitait près du Bataclan, a filmé les scènes de panique et de fuite des spectateurs depuis sa fenêtre le 13 novembre 2015. Sa vidéo a fait le tour du monde. Il a lui-même été blessé par des tirs de kalachnikov alors qu’il tentait de porter secours aux victimes. Il a raconté son expérience dans un poignant documentaire télévisé, désormais disponible en ligne.
Jardin commémoratif
Le musée Carnavalet de Paris expose des affiches, des dessins, des notes et même une guitare laissés par les Parisiens sur les lieux des attentats il y a dix ans. Le musée les décrit comme des « sanctuaires de deuil dans l’espace public ».
Le président Macron participera également aux commémorations, notamment à l’inauguration du nouveau jardin du souvenir sur la place Saint-Gervais. Ce jardin accueillera de grands blocs de pierre gravés des noms de toutes les victimes.
Dix ans après les attentats, de nombreuses personnes font le point sur leur vie. L’association Life For Paris, qui regroupe environ 850 survivants, a décidé de se dissoudre. « Il est temps de dire adieu à la victimisation », a déclaré son président, Arthur Dénouveaux. « Nous voulons continuer à vivre notre vie ».
Parents perdus
Le quotidien Le Figaro a recueilli les témoignages de certains des 72 enfants qui ont perdu un ou leurs deux parents lors des attentats. Juliette avait seulement 11 ans lorsque son père est décédé au Bataclan le 13 novembre 2015. Les terroristes ont ouvert le feu sur les spectateurs d’un concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, tuant 89 personnes.
Dans un premier temps, Juliette avait appris que son père était blessé, mais en vie. Puis, plus rien. Le lendemain, elle a appris la terrible nouvelle : son père n’avait pas survécu. Elle se console aujourd’hui d’avoir pu voir le corps de son père à l’hôpital, contrairement à de nombreux autres proches qui ont dû attendre longtemps pour obtenir des informations.
L’institut de recherche Fondation Jean Jaurès a mené une enquête sur la mémoire collective de ces événements. Environ 60 % des Français interrogés se souviennent encore précisément de ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont appris le massacre de Paris, et 42 % se souviennent très précisément.
Une symphonie spéciale a été composée en hommage aux victimes. Louise Albertini a perdu son fils Stéphane au Bataclan en 2015. Elle a souhaité créer un souvenir durable de son fils, qui s’est concrétisé par une symphonie intitulée Il fait novembre en mon âme.
Cette œuvre musicale, spécialement composée par le franco-libanais Bechara El-Khoury, qui avait déjà créé une pièce musicale après les attentats du 11 septembre 2001 à New York, est décrite comme une « symphonie poétique ». Elle contient une chanson, mais sans paroles, symbolisant le silence de ceux qui ne veulent pas se taire.
Cette symphonie pour Stéphane sera jouée ce soir après les commémorations officielles au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. « Grâce à cette musique, j’ai pu tenir le coup », a déclaré Louise Albertini.
Nous avions déjà publié un reportage sur les attentats de Paris :
Flash-back : six attentats de l’EI en une seule soirée à Paris choquent le monde
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