Publié le 8 janvier 2024 à 11h52. Les patients ont tout à fait le droit de remettre en question les recommandations médicales et de refuser un traitement, rappelle un spécialiste, soulignant l’importance d’une relation de confiance et d’un respect mutuel entre soignant et soigné.
- Les patients peuvent et doivent exprimer leurs doutes et leurs sentiments face à un traitement proposé.
- L’arrogance et le manque d’écoute de la part des médecins peuvent conduire à des erreurs médicales, classées parmi les principales causes de décès.
- Il est conseillé de réévaluer régulièrement la nécessité des traitements médicamenteux chroniques.
La relation médecin-patient doit reposer sur le respect mutuel et la communication ouverte, insiste le Dr Van der Wissel. Il est essentiel que les patients se sentent libres d’exprimer leurs préoccupations et de refuser un traitement s’ils ne s’y sentent pas à l’aise. « La relation médecin/patient est une question de respect mutuel. En tant que professionnel, je crois que les patients peuvent tout dire et que tout peut être discuté. Je suis là pour me tenir à côté du patient, pas au-dessus du patient », explique-t-il.
Le médecin souligne que rejeter une proposition de traitement ne doit pas être perçu comme une critique personnelle, mais plutôt comme une opportunité de réflexion pour le soignant. « Si, en tant que médecin, vous êtes personnellement incapable de prendre au sérieux les critiques d’un patient et d’y résister, c’est vraiment à vous, médecin. Cela se manifeste, par exemple, par un comportement hautain. Mais lorsque vous avez l’impression d’avoir été critiqué parce que votre proposition de traitement a été rejetée, c’est un miroir. » Il invite les professionnels de santé à examiner leur propre attitude et à reconnaître que l’ego ne doit pas primer sur le bien-être du patient.
Le Dr Van der Wissel met également en garde contre la pression sociale qui peut s’exercer sur les patients. « Les gens disent souvent : ‘Faites simplement ce que le médecin vous dit’. Cela crée une pression. » Il encourage chacun à écouter sa « boussole intérieure » et à faire confiance à ses propres ressentis. « S’en tenir à vos sentiments est la clé. Si vous exprimez vos sentiments, personne ne peut y toucher. Si vous dites « J’ai l’impression que je ne devrais pas faire ça », alors c’est vrai. »
Les dommages iatrogènes, c’est-à-dire les dommages causés par des actions médicales, représentent une cause majeure de décès, selon les recherches. « Il nous convient, en tant que médecins, d’être réticents à commenter les autres tant que nous ne sommes pas en mesure d’éviter les dommages. Ces dommages sont causés par des erreurs médicales, des médicaments et souvent aussi par l’arrogance. » Il est donc primordial pour les patients de se sentir légitimes à poser des questions et à demander un deuxième avis, notamment avant une intervention chirurgicale.
Concernant la prise de médicaments à long terme, le Dr Van der Wissel recommande une évaluation annuelle, voire semestrielle, de leur nécessité. Il cite l’exemple des médicaments hypocholestérolémiants, dont l’efficacité en prévention primaire serait limitée, avec un bénéfice moyen de seulement quatre jours de vie supplémentaires, contre 50 % de patients présentant des effets secondaires. « Quelle est la valeur ajoutée de ces médicaments ? Vous pouvez toujours poser cette question à votre médecin. » Il déplore que les protocoles médicaux soient parfois privilégiés au détriment de l’écoute et de la prise en compte des besoins individuels de chaque patient.
En cas de doute, il est conseillé de prendre le temps de la réflexion, de poser des questions et de ne pas se laisser précipiter. « Ne vous laissez pas pousser. Posez des questions et laissez-vous influencer par une proposition de traitement, afin que vous puissiez vraiment ressentir : est-ce que je le veux ? C’est vraiment nécessaire. » Le deuxième avis médical est également une option à considérer pour prendre une décision éclairée et reprendre le contrôle de son propre parcours de soins.
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