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«Il ne quitte pas la maison; La peur est »

by Nicolas Lefèvre

Publié le 6 octobre 2025 à 02h16. L’arrivée dans un paisible village de l’Orense d’un ancien tueur en série, libéré après deux décennies de prison, suscite l’inquiétude et la division parmi les habitants qui, initialement, lui avaient prodigué leur aide.

  • Antonio Gali Balaguer, 73 ans, a été libéré après avoir purgé une peine pour meurtre et d’autres crimes graves commis dans les années 1980 et 1990.
  • Les habitants de San Pedro, dans le conseil d’Orensano d’un Bola, ont d’abord accueilli Gali avec bienveillance, l’aidant à s’installer dans une maison délabrée.
  • La découverte de son passé criminel a semé la peur et la méfiance, divisant la communauté entre ceux qui craignent pour leur sécurité et ceux qui estiment qu’il a payé sa dette à la société.

San Pedro, un village où l’on se connaît tous, a vu son quotidien bouleversé par l’arrivée d’un nouvel habitant en février dernier. Antonio Gali Balaguer, un Valencien de 73 ans, s’est installé dans une maison modeste, nécessitant de nombreux travaux. Les voisins, sans hésitation, lui ont tendu la main, l’aidant à réparer son toit, à remettre en état les canalisations et même à obtenir un réfrigérateur. Ils ignoraient alors l’ombre qui planait sur cet homme.

Gali Balaguer n’est pas un inconnu pour la justice espagnole. Son passé est marqué par une série de crimes odieux, débutés dans les années 1980. Il a passé plus de temps derrière les barreaux qu’en liberté, notamment pour le meurtre d’une prostituée à Orense, qui lui a valu vingt ans de prison dans l’établissement pénitentiaire de Lama. Avant cela, il avait déjà été condamné pour l’agression sexuelle et le meurtre d’une jeune fille de 11 ans à Saragosse, ainsi que pour le meurtre d’un berger, mari d’une femme avec laquelle il entretenait une relation.

L’alerte a été donnée lorsque des documents administratifs, liés à une demande d’aide pour l’acquisition d’un réfrigérateur, ont révélé son identité et son passé. “Le dossier a été consulté en mai ou juin, et c’est à ce moment-là que le maire a été informé”, confie un habitant à ABC. Depuis, une partie de la population se méfie ouvertement. “À partir de là, certains ont préféré ne plus s’approcher”, explique un autre villageois, évitant de prononcer le mot “meurtrier”. “Nous ne savons pas comment il est arrivé ici, nous supposons qu’il cherchait un endroit pour passer le reste de ses jours”, ajoute-t-il.

Gali Balaguer, désormais sous surveillance, quitte rarement sa maison. Il effectue ses courses une fois par semaine, se déplaçant avec difficulté à l’aide de béquilles, suite à une fracture des jambes subie en prison. Les voisins continuent de lui apporter une aide occasionnelle, mais la peur est palpable. “Avec son âge, il ne se réinsérera pas, et la crainte est bien présente”, confie un habitant, tout en dénonçant les “fausses informations” qui circulent.

La situation est source de dilemme pour les habitants de San Pedro. Certains, comme une grand-mère inquiète, tentent de démentir les rumeurs qui courent sur son comportement dans d’autres villages.

« On dit qu’il rôde près des parcs et observe les enfants à Celanova, mais c’est faux, c’est un mensonge. Nous le voyons, il ne quitte pas sa maison. »

Une habitante de San Pedro

D’autres, plus pragmatiques, estiment qu’il a purgé sa peine et mérite une seconde chance. “Il a payé pour ce qu’il a fait”, affirment-ils.

Selon des sources pénitentiaires consultées par ABC, Gali Balaguer était considéré comme un prisonnier “exemplaire” et “caméléon” pendant ses vingt années passées à Lama. “C’est un individu dangereux, mais il sait se faire discret en prison pour ne pas attirer l’attention”, analysent-ils. Il occupait régulièrement des postes de confiance et avait tendance à s’entourer de détenus vulnérables, qu’il manipulait à son profit. Lors de son procès pour son dernier crime, il aurait proféré des insultes en quittant la salle d’audience.

« Il a écouté le verdict avec impatience, mais a tourné la tête vers la porte-parole du jury lorsqu’elle a prononcé le mot “meurtre”. Et en se levant pour quitter la pièce, il a chuchoté : “Je chie sur la pute”. »

Source non précisée, rapportée par ABC

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