Publié le 27 octobre 2025 à 05h09. Une enquête de la Stiftung Warentest révèle que certains spéculoos, notamment ceux d’un fabricant allemand, contiennent des niveaux d’acrylamide préoccupants, une substance potentiellement cancérigène. Les consommateurs sont invités à la prudence lors de leurs achats de biscuits de Noël.
- La Stiftung Warentest a analysé 17 marques de spéculoos.
- Trois produits d’un même fabricant dépassent largement les normes concernant l’acrylamide.
- Les produits de marques distributeurs (discounter) s’avèrent souvent aussi bons, voire meilleurs, que les marques plus chères.
Une étude récente de la Stiftung Warentest met en lumière des disparités importantes en matière de qualité et de sécurité sanitaire dans le monde des spéculoos. Sur 17 marques testées, trois produits, tous issus du fabricant Borggreve, affichent des taux d’acrylamide bien supérieurs à la valeur indicative légale de 350 microgrammes par kilogramme (µg/kg). L’acrylamide est une substance chimique qui se forme lors de la cuisson à haute température d’aliments riches en amidon, comme les biscuits.
L’organisation de consommateurs a examiné des spéculoos classiques épicés, des versions au beurre et des alternatives sans gluten. Si 14 des produits testés présentent des niveaux de contamination « très faibles » ou « faibles », les trois produits incriminés atteignent des concentrations alarmantes, soulevant des questions sur les processus de fabrication de Borggreve. La Stiftung Warentest suspecte des problèmes de production systématiques, estimant que les ingrédients seuls ne suffisent pas à expliquer ces résultats.
L’étude révèle également que le prix n’est pas forcément synonyme de qualité. Les spéculoos des marques distributeurs, comme Netto Marken-Discount et Penny, se distinguent par leur faible teneur en acrylamide et leur prix abordable (à partir de 0,28 euro pour 100 grammes). Les produits de Rewe, Edeka et Alnatura affichent également de bons résultats. Les versions sans gluten, notamment celle de Hammermühle (2,92 euros les 100 grammes), obtiennent les meilleures notes avec seulement 7 µg/kg d’acrylamide.
L’acrylamide est classée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) comme une substance « potentiellement cancérigène ». Des études menées sur des animaux ont démontré son potentiel à endommager l’ADN, provoquer des cancers et affecter le système nerveux. Bien que les effets sur l’homme ne soient pas encore totalement établis, l’EFSA recommande de maintenir l’exposition à cette substance « aussi faible que raisonnablement possible ».
L’EFSA a analysé plus de 43 000 échantillons alimentaires provenant de 24 pays européens depuis 2010, identifiant le café, les chips, les produits à base de pommes de terre frites, ainsi que les biscuits et les pains croustillants comme les aliments les plus susceptibles de contenir de l’acrylamide.
Pour limiter la formation d’acrylamide lors de la cuisson à domicile, l’Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire recommande de privilégier des températures basses (inférieures à 180 degrés Celsius) et d’éviter de faire brunir excessivement les aliments. Plus un biscuit est foncé, plus sa teneur en acrylamide est susceptible d’être élevée.
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