Publié le 17 décembre 2025 16:55:00. La menace de nouveaux droits de douane américains plane sur le Mexique en raison d’un différend sur le partage de l’eau du fleuve Colorado, exacerbé par une sécheresse persistante et les tensions commerciales entre les deux pays.
- Les États-Unis accusent le Mexique de ne pas respecter les termes d’un traité datant de 1944 concernant la distribution de l’eau.
- Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires de 5 % sur les produits mexicains si le problème n’est pas résolu.
- Le Mexique invoque la sécheresse comme raison principale de son incapacité à livrer la quantité d’eau convenue.
Les relations entre le Mexique et les États-Unis sont à nouveau tendues, cette fois autour d’une ressource essentielle : l’eau. Donald Trump a brandi la menace de sanctions économiques pour forcer le Mexique à respecter un accord bilatéral vieux de plusieurs décennies, ravivant des inquiétudes quant à l’impact sur le commerce et les populations locales.
Au cœur du litige se trouve un traité signé en 1944 qui réglemente le partage des eaux des fleuves Colorado, Bravo et Tijuana. Cet accord stipule que le Mexique doit livrer en moyenne 350 000 acres-pieds (environ 430 millions de mètres cubes) d’eau aux États-Unis chaque année, prélevée sur les affluents du Rio Grande. Or, le Mexique n’a pas été en mesure de respecter cet engagement.
Le gouvernement mexicain justifie ce non-respect par une sécheresse sévère qui frappe le pays. Selon les autorités, les réserves d’eau sont insuffisantes pour honorer les obligations du traité, notamment la livraison de 200 000 acres-pieds d’eau avant le 31 décembre.
La réaction de Donald Trump n’a pas tardé. Il a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires de 5 % sur les importations en provenance du Mexique si le traité n’est pas respecté. Cette menace pourrait entraîner une augmentation des taxes sur tous les produits entrant au Mexique, atteignant potentiellement 35 % pour certains biens, ce qui perturberait considérablement les échanges commerciaux entre les deux nations.
Les secteurs de l’automobile, de l’agriculture et de l’industrie manufacturière seraient particulièrement touchés par ces nouvelles taxes. Au-delà de l’impact économique, la pénurie d’eau elle-même affecte déjà les populations locales et les activités agricoles dans les régions frontalières. Une augmentation des droits de douane ne ferait qu’aggraver la situation, entraînant une diminution des échanges, des pertes d’emplois et une raréfaction des produits.
La ministre de l’Environnement mexicaine, Claudia Sheinbaum, a reconnu que le pays n’a pas pleinement respecté les termes du traité, mais a indiqué que des négociations sont en cours avec les États-Unis pour trouver une solution. Elle a souligné que des progrès avaient été réalisés dans ces discussions. L’objectif est de parvenir à un accord mutuellement bénéfique qui réduise les tensions et garantisse un accès équitable à l’eau.
La situation est d’autant plus préoccupante que la sécheresse actuelle est considérée comme un phénomène durable, lié au changement climatique. Les agriculteurs de la zone frontalière du Texas sont particulièrement touchés, et des manifestations ont déjà eu lieu pour dénoncer la pénurie d’eau et les tensions entre les deux pays. Si les pluies ne reviennent pas rapidement, la situation pourrait s’aggraver.
La menace de Donald Trump exige donc des négociations urgentes et des propositions concrètes avant la fin de l’année. Au-delà des droits de douane, le défi majeur sera de trouver un équilibre qui garantisse l’accès à l’eau pour tous, protège les producteurs des deux pays et évite une escalade qui pourrait compromettre les relations bilatérales.
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