Home SantéIls découvrent un « brûleur secret » dans la graisse brune qui pourrait accélérer votre métabolisme

Ils découvrent un « brûleur secret » dans la graisse brune qui pourrait accélérer votre métabolisme

by Sophie Martin

Publié le 13 octobre 2024 à 05:55:00. Des chercheurs américains ont identifié un nouveau mécanisme par lequel le tissu adipeux brun, souvent surnommé « graisse brune », peut accélérer le métabolisme et améliorer la santé, ouvrant des perspectives potentielles pour lutter contre l’obésité et la résistance à l’insuline.

  • L’étude révèle que les peroxysomes, des organites cellulaires, jouent un rôle clé dans la production de chaleur au sein de la graisse brune, en complément des mitochondries.
  • Une protéine spécifique, l’acyl-CoA oxydase 2 (ACOX2), est essentielle à ce processus et son activation pourrait favoriser la perte de poids et améliorer la sensibilité à l’insuline.
  • Les chercheurs suggèrent que des interventions diététiques ou thérapeutiques ciblant les acides gras impliqués dans ce processus pourraient offrir de nouvelles voies pour activer la graisse brune chez l’homme.

La graisse brune est reconnue pour sa capacité unique à transformer les calories en chaleur, contrairement à la graisse blanche qui les stocke. Cette propriété, particulièrement utile pour maintenir la température corporelle par temps froid, a suscité un intérêt croissant dans le domaine de la recherche sur l’obésité et les troubles métaboliques. L’activation de la graisse brune est perçue comme une stratégie potentielle pour augmenter la dépense énergétique et favoriser la perte de poids.

L’équipe de recherche de la faculté de médecine de l’université de Washington à Saint-Louis a mis en évidence un nouveau mécanisme impliquant les peroxysomes, de petits compartiments cellulaires impliqués dans le métabolisme des graisses. Les chercheurs ont constaté que lorsque les souris étaient exposées au froid, le nombre de peroxysomes dans leur graisse brune augmentait considérablement. Cette augmentation était particulièrement marquée chez les souris présentant une déficience en protéine de découplage dans leurs mitochondries, suggérant que les peroxysomes pouvaient compenser la perte de fonction mitochondriale.

Le processus clé identifié repose sur l’acyl-CoA oxydase 2 (ACOX2), une protéine essentielle présente dans les peroxysomes. Les souris dépourvues d’ACOX2 dans la graisse brune ont montré une diminution de leur capacité à tolérer le froid, ainsi qu’une altération de leur sensibilité à l’insuline et une prédisposition à l’obésité lorsqu’elles étaient nourries avec un régime riche en graisses. À l’inverse, les souris génétiquement modifiées pour produire des niveaux élevés d’ACOX2 ont présenté une meilleure production de chaleur, une plus grande tolérance au froid, une sensibilité à l’insuline améliorée et un meilleur contrôle du poids.

Pour visualiser ce processus, les chercheurs ont développé un capteur de chaleur fluorescent qui a révélé que l’activité métabolique de l’ACOX2 entraînait une augmentation de la température des cellules adipeuses brunes. Une caméra thermique infrarouge a confirmé que les souris dépourvues d’ACOX2 produisaient moins de chaleur dans leur graisse brune.

« La voie que nous avons identifiée pourrait offrir des opportunités de cibler la dépense énergétique dans l’équation de perte de poids, ce qui pourrait permettre au corps de brûler plus d’énergie en aidant la graisse brune à produire plus de chaleur. »

Dr Irfan Lodhi, professeur de médecine à WashU Medicine

Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Nature, suggèrent que l’activation de la voie métabolique impliquant l’ACOX2 pourrait constituer une approche thérapeutique prometteuse pour traiter les maladies métaboliques telles que la résistance à l’insuline et l’obésité.

Les chercheurs soulignent que les acides gras nécessaires à l’activation de l’ACOX2 sont présents dans le corps humain, mais également dans les produits laitiers et le lait maternel, et sont produits par certains micro-organismes intestinaux. Cela ouvre la voie à des interventions diététiques, probiotiques ou nutraceutiques visant à améliorer cette voie de production de chaleur. L’équipe de recherche étudie également des composés médicamenteux potentiels capables d’activer directement l’ACOX2.

Des études antérieures ont montré que les personnes présentant des niveaux plus élevés de ces acides gras ont tendance à avoir un indice de masse corporelle (IMC) plus faible. Cependant, le Dr Lodhi insiste sur la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour établir un lien de causalité et évaluer l’efficacité de ces interventions dans l’activation de la graisse brune et l’amélioration de la santé métabolique.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.