Publié le 23 décembre 2025 à 16h36. Une équipe de chercheurs londoniens a identifié un lien direct entre l’activité sérotoninergique dans le cerveau et la sévérité des symptômes négatifs de la schizophrénie, ouvrant de nouvelles perspectives pour des traitements plus personnalisés.
- Une augmentation de la libération de sérotonine dans le cortex cérébral frontal est associée à la gravité des symptômes de la schizophrénie.
- L’étude confirme que les patients atteints de schizophrénie présentent une libération de sérotonine significativement plus importante dans cette zone du cerveau.
- Ces résultats pourraient conduire au développement de traitements ciblant spécifiquement les symptômes négatifs, tels que l’isolement social et l’apathie.
Des chercheurs de l’Institut de Psychiatrie, Psychologie et Neurosciences (IoPPN) du King’s College de Londres ont franchi une étape importante dans la compréhension de la schizophrénie. Leur étude, publiée dans la revue JAMA Psychiatrie, apporte la première preuve directe d’un lien entre une activité accrue de la sérotonine dans le cortex frontal et la sévérité des symptômes de cette maladie mentale chronique, qui touche environ une personne sur 100 dans le monde.
L’étude a révélé que les personnes atteintes de schizophrénie libèrent une quantité significativement plus importante de sérotonine dans le cortex frontal, une région du cerveau essentielle pour la motivation et la planification. Cette augmentation est particulièrement corrélée à des symptômes négatifs tels que l’isolement social, l’apathie et l’incapacité à ressentir du plaisir. Ces symptômes, souvent les plus invalidants, représentent un défi majeur pour les psychiatres et entravent considérablement la réinsertion sociale et professionnelle des patients.
L’hypothèse d’un rôle du système sérotoninergique dans la schizophrénie est ancienne, remontant à plus de six décennies. Cependant, il n’avait jusqu’à présent jamais été démontré directement chez des personnes diagnostiquées avec ce trouble. L’étude a impliqué 54 participants : 26 atteints de schizophrénie et 28 personnes en bonne santé servant de groupe témoin. Tous ont subi deux examens par tomographie par émission de positons (TEP) avec un radiotraceur spécifique pour les récepteurs cérébraux de la sérotonine. Entre les deux examens, les participants ont reçu une dose unique de D-amphétamine, un médicament stimulant la libération de sérotonine.
L’analyse des résultats a montré des réductions notables de la liaison des radiotraceurs chez les patients et les témoins sains. La découverte clé réside dans le fait que la libération de sérotonine était significativement plus importante dans le cortex frontal des personnes atteintes de schizophrénie, et que ce phénomène était étroitement lié à la gravité des symptômes négatifs et à un degré plus élevé d’incapacité fonctionnelle.
« Notre étude, qui fournit la première preuve que la libération de sérotonine est associée à la gravité des symptômes négatifs, constitue une étape importante dans ce domaine. Si nous pouvons réguler la sérotonine, il pourrait être possible de traiter ces symptômes. »
Martin Osugo, premier auteur de l’étude
Le professeur Olivier Howes, chef de l’équipe de recherche, souligne l’importance de ces résultats : « La schizophrénie a souvent un impact énorme sur la vie des gens, notamment sur leur motivation et leur fonction sociale. Nous avons peu de connaissances sur l’origine de ces symptômes et il n’existe pas de traitements spécifiques, ce qui rend urgent la recherche de nouvelles approches. »
Les chercheurs du King’s College de Londres estiment que la solidité de leurs résultats renforce l’idée que le système sérotoninergique du cerveau pourrait devenir une cible thérapeutique prometteuse. Cette ligne de recherche ouvre la voie au développement d’interventions spécifiquement conçues pour traiter les symptômes négatifs de la schizophrénie, un domaine traditionnellement négligé.
La schizophrénie est un trouble cérébral chronique qui affecte environ 1 % de la population mondiale, soit plus de 400 000 personnes en Argentine. Selon les spécialistes du groupe INECO, cette condition se manifeste par une variété de symptômes, notamment des hallucinations (perceptions d’images ou de sons inexistants) et des idées délirantes (fausses croyances, comme se sentir persécuté sans raison valable). Elle a également un impact sur les émotions et la motivation, entraînant un aplatissement émotionnel et des difficultés à maintenir une activité quotidienne.
Les premiers signes de la schizophrénie apparaissent généralement entre l’adolescence et l’âge de 30 ans et peuvent être subtils, se manifestant par un retrait social, une irritabilité, des pensées inhabituelles ou des troubles du sommeil. Un épisode aigu, appelé « poussée psychotique », marque souvent le début évident de la maladie, avec des symptômes tels que des hallucinations, des délires et une désorganisation de la pensée. L’évolution de la schizophrénie est souvent chronique, avec des rechutes fréquentes en cas d’arrêt du traitement. L’observance thérapeutique est donc essentielle, car 8 patients sur 10 qui interrompent leur traitement subissent une rechute.
L’approche thérapeutique de la schizophrénie combine des traitements pharmacologiques, principalement des antipsychotiques classiques et de nouvelle génération, avec des interventions psychosociales.
La recherche a été financée par le Conseil britannique de la recherche médicale, l’association caritative Maudsley, le Wellcome Trust et le Centre de recherche biomédicale Maudsley de l’Institut national de recherche sur la santé et les soins (NIHR).
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