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Ils enregistrent des navires accrus sanctionnés dans les ports du pays

by Clara Dubois

Publié le 1er octobre 2025 à 13h17. Une enquête révèle une augmentation significative de la présence de pétroliers sanctionnés et de navires agissant en dehors de tout contrôle dans les eaux vénézuéliennes, exacerbant les risques de corruption et de contournement des sanctions internationales.

  • En septembre 2025, 110 pétroliers ont été détectés dans les eaux territoriales vénézuéliennes, dont 47 opéraient de manière irrégulière.
  • Douze navires sont soumis à des sanctions imposées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne.
  • L’utilisation croissante de cryptomonnaies dans les transactions pétrolières vénézuéliennes soulève des inquiétudes quant à la transparence et au contrôle.

Une surveillance menée par l’organisation Transparence Venezuela a mis en évidence une recrudescence de l’activité de pétroliers sanctionnés et de navires non identifiés dans les eaux territoriales vénézuéliennes au mois de septembre 2025. L’étude, dont les conclusions ont été publiées, révèle que 110 pétroliers ont été repérés, parmi lesquels 47 opéraient dans des conditions irrégulières, alimentant les craintes d’une exploitation illégale des ressources pétrolières du pays.

Selon le rapport de l’organisation, 12 navires sont directement visés par des sanctions émanant de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) des États-Unis, de l’Office of Financial Sanctions Implementation (OFSI) du Royaume-Uni et de l’Union européenne. Ces navires sont basés dans des pays tels que la Chine, le Vietnam, le Libéria, les Émirats arabes unis et les îles Seychelles, ce qui suggère une volonté délibérée de dissimuler leurs activités.

En outre, six navires sont identifiés comme des braconniers, c’est-à-dire opérant sans autorisation, et 29 ont désactivé leur système d’identification automatique (AIS), une violation flagrante des normes de navigation internationales. Cette pratique permet d’échapper à la surveillance et de masquer l’origine et la destination des cargaisons.

Navires sanctionnés et furtifs

Parmi les navires sanctionnés figurent l’Antlia, l’Apus, l’Avril et le Sensus, tous battant pavillon guinéen et sanctionnés par les États-Unis et le Royaume-Uni. Dianchi, Guru, Malak et Samira, enregistrés aux îles Comores, sont également sous le coup de sanctions européennes.

Le rapport documente également l’activité de navires catalogués comme braconniers, dont certains sont officiellement hors service depuis des années. C’est le cas du NASCA I, immatriculé au Panama et inactif depuis 2022, et du Yong Tong 1, immobilisé depuis 2019. Ces irrégularités confirment, selon Transparence Venezuela, que le recours à des pavillons de complaisance et à des registres opaques facilite les opérations illégales.

L’étude met en lumière la participation de compagnies maritimes basées aux Émirats arabes unis, impliquées dans 16 pétroliers détectés en septembre. La société Asia Charm Limited FTZ, créée en 2019, est notamment pointée du doigt pour faciliter l’exportation de pétrole brut vénézuélien en contournant les sanctions. Transparence Venezuela estime qu’Asia Charm contrôle au moins 13 navires actifs dans les eaux vénézuéliennes.

Bien qu’une enquête ait été ouverte par les autorités émiraties en 2020 suite à des informations de l’agence Reuters, le rapport souligne l’absence de conséquences concrètes et la poursuite des activités de ces entreprises.

Les paradis réglementaires comme drapeau

L’étude met en garde : la majorité des navires sanctionnés ou agissant en dehors de tout contrôle arborent des pavillons de complaisance enregistrés dans des paradis réglementaires. En septembre, la Guinée (4), les îles Comores (4) et le Panama (3) figuraient en tête de liste des pays dont les navires servaient PDVSA et ses intermédiaires. Ce schéma permet aux opérateurs d’échapper aux contrôles et de diluer les responsabilités en cas de sanctions ou d’incidents environnementaux.

Le rapport analyse également le rôle de Chevron, qui a repris ses opérations au Venezuela après un assouplissement des sanctions américaines. Au moins six navires de la compagnie transportant du pétrole brut vers les États-Unis ont été détectés en août et septembre.

Toutefois, Transparence Venezuela avertit que les conditions actuelles des licences limitent les exportations, Chevron devant payer une partie de ses obligations fiscales en nature, c’est-à-dire en pétrole.

En conséquence, PDVSA continue de diriger la majeure partie de ses exportations vers les marchés asiatiques par l’intermédiaire d’un nombre limité d’intermédiaires peu transparents, ce qui accroît les risques de corruption, de pertes d’actifs et de dommages environnementaux.

Risques liés à l’utilisation des cryptomonnaies

Le rapport souligne un autre point d’alerte : l’augmentation de l’utilisation des cryptomonnaies dans les transactions d’exportation de pétrole brut. Selon Transparence Venezuela, cette pratique est liée à l’essor des cryptoactifs sur le marché des changes officiel, en remplacement du dollar. Le problème, selon l’ONG, est que ces politiques sont mises en œuvre sans transparence ni études d’impact économique. Combinée à l’opacité du transport maritime, cette situation accentue la vulnérabilité du pays aux opérations illicites.

La conclusion du rapport est sans appel : le commerce du pétrole vénézuélien prospère dans un environnement opaque, truffé de risques de corruption et de violations des réglementations internationales. Si ce modèle persiste, le pays restera exposé à des pertes considérables, à des sanctions internationales et à des dommages environnementaux, dans un contexte où les décisions clés sont prises sans responsabilité ni contrôle public.

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