Mis à jour le 2024-05-02 15h00. Le commandant du Corps des volontaires russes (RDK), une formation combattant aux côtés de l’Ukraine, était en réalité vivant malgré des annonces de sa mort. Cette révélation intervient après une opération de désinformation menée par les services de renseignement militaires ukrainiens (HUR).
- Denis Kapustin, commandant du RDK, est vivant et n’est pas mort comme annoncé précédemment.
- Les services de renseignement ukrainiens affirment que la Russie avait offert 500 000 dollars pour son élimination.
- L’Ukraine a déjà eu recours à des mises en scène similaires, notamment en 2018 avec le journaliste Arkady Babchenko.
L’annonce initiale de la mort de Denis Kapustin avait été diffusée par le RDK lui-même, qui affirmait qu’il avait été tué par un drone dans la région de Zaporojie. Kapustin figure sur la liste des terroristes et extrémistes établie par Moscou en 2023, suite à des incursions de volontaires russes sur le territoire russe, notamment dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine.
Selon les services de renseignement ukrainiens, la Russie avait mis un prix de 500 000 dollars (environ 460 000 euros) sur la tête de Kapustin. Dans un communiqué, le HUR a déclaré : « L’échec des services spéciaux russes – le commandant du RDK Denis Kapustin est vivant et les 500 000 dollars destinés à sa liquidation renforceront les forces spéciales du HUR ». Cette information est illustrée par une publication sur le réseau social Facebook.
Une vidéo diffusée par le renseignement ukrainien montre Denis Kapustin rapportant au chef du renseignement militaire, Kyryl Budanov, que toutes les unités du RDK continuent leurs opérations et que son absence temporaire n’a eu aucun impact. Budanov lui a répondu : « Je vous félicite, comme on dit, pour votre retour parmi les vivants ». Dans la même vidéo, le commandant des forces spéciales, Tymur, affirme que les commanditaires et les auteurs de la tentative d’assassinat ont été identifiés.
Cette affaire rappelle une opération similaire menée par les services de sécurité ukrainiens en 2018. Ils avaient alors mis en scène la mort du journaliste d’opposition russe Arkady Babchenko, vivant à Kiev. Les autorités ukrainiennes avaient initialement annoncé son assassinat avant de révéler qu’il s’agissait d’une opération destinée à démasquer de véritables tentatives d’assassinat. Plus d’informations sur cette affaire sont disponibles ici.
Cette mise en scène avait suscité de vives critiques de la part des organisations journalistiques internationales, qui, tout en se réjouissant de la survie de Babchenko, avaient demandé des explications sur la justification d’une telle manipulation de l’information. L’Ukraine a déjà eu recours à ce type de stratagème, soulevant des questions sur ses méthodes de renseignement et de communication.
Rappel des circonstances initiales annonçant la mort de Kapustin.
