La région Occitanie a sélectionné le groupe CLS pour piloter un programme de cartographie des espaces naturels d’un montant de 2 millions d’euros. Ce projet utilise l’observation satellitaire pour répertorier la biodiversité régionale et optimiser l’application de la loi zéro artificialisation nette (ZAN) d’ici 2050.
La stratégie de cartographie du groupe CLS en Occitanie
Le groupe CLS, filiale du CNES et de la société d’investissement belge CNP, s’est vu confier la mission de recenser les milieux naturels sur une superficie de 72 000 kilomètres carrés. L’objectif est de fournir aux décideurs un outil précis pour intégrer la biodiversité dans l’aménagement du territoire, face aux menaces du réchauffement climatique comme les incendies, les inondations et les sécheresses.
Le programme vise à identifier depuis l’espace plusieurs types d’habitats spécifiques :
Les forêts de chênes et les prairies d’altitude.
Les zones humides et les lagunes littorales.
Les garrigues et les haies agricoles.
Les espaces verts urbains.
Pour mener à bien ce chantier, CLS mobilise une équipe de 100 personnes sur trois ans. Cette force de frappe inclut 38 experts naturalistes qui doivent parcourir la région pendant six mois pour échantillonner les habitats. Au total, le projet prévoit près de 700 jours de collecte de données sur le terrain.
L’entreprise, dirigée par Stéphanie Limousin et employant 1 200 collaborateurs, a déclaré un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros en 2025. Pour pallier l’inaccessibilité de certains milieux selon la saison, CLS collabore avec des bureaux d’études spécialisés tels que Biotope, Eco-Med, Envolis et Naturalia Environnement.
L’intelligence artificielle pour transformer l’agriculture
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et du numérique redéfinit les pratiques agricoles en passant d’une logique de prévention systématique à une intervention raisonnée. Selon Ze Green Web, l’IA permet de détecter précocement les stress hydriques, les maladies ou les ravageurs grâce à l’analyse d’images satellites, de drones et de capteurs embarqués.
Cette précision permet d’ajuster les doses de pesticides et d’engrais en temps réel, réduisant les volumes de produits chimiques sans perte de rendement. L’INRAE souligne que cette évolution, amorcée dans les années 1990 sous le terme d’agriculture de précision, s’étend désormais à l’agriculture numérique.
Plutôt qu’une agriculture de précision, terme longtemps usité, on peut plus généralement parler d’agriculture numérique où l’IA est désormais mobilisée à la fois à travers des outils et pratiques aussi bien high-tech que low-tech.
Samuel Soubeyrand, chercheur à l’unité BioSP et chef adjoint du département Santé des plantes et environnement de l’INRAE, via inrae.fr
Le déploiement de ces technologies reste cependant inégal. Le coût des équipements et la nécessité pour les agriculteurs de se former à l’interprétation des algorithmes constituent des freins, particulièrement pour les petites exploitations.
Gestion des risques et ressources hydriques : le rôle du SIG et de l’IA
Au-delà des champs, les Systèmes d’Information Géographique (SIG) et l’IA sont devenus des piliers de la gestion des catastrophes et des ressources. IBM rapporte que les gouvernements utilisent ces données pour le zonage, la distribution des services publics et la planification face aux incendies, notamment en Californie.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) indique que l’apprentissage automatique (machine learning) améliore les systèmes d’alerte précoce et la production de cartes de dangers, avec une concentration particulière sur les inondations, les tremblements de terre et les glissements de terrain.
Cependant, la technologie ne peut pallier seule les crises structurelles. À Maurice, la situation hydrique illustre cette tension. Malgré un taux de remplissage moyen des réservoirs de 80,1 % au 24 octobre 2025, contre 58,7 % en 2024, les autorités ont activé des restrictions.
Réservoir (Maurice)
Taux de remplissage 2025
Taux de remplissage 2024
Mare aux Vacoas
81,1 %
63,9 %
Piton du Milieu
75,6 %
56,2 %
La Ferme
63,2 %
39,2 %
La Nicolière
45,1 %
55,1 %
Selon Defimedia, l’irrigation des cultures vivrières des Plaines du Nord a été limitée à deux jours par semaine dès le 3 novembre 2025, tandis que celle des champs de canne a été suspendue. Ce rationnement est accentué par le phénomène El Niño, qui dérègle les pluies dans l’océan Indien.
Les enjeux de la transition numérique environnementale
L’enjeu actuel réside dans la capacité à transformer des données massives en décisions concrètes. Que ce soit pour la loi ZAN en France ou la sécurité alimentaire à Maurice, la dépendance aux données de qualité est critique. L’OMM précise que les performances de l’IA dépendent étroitement de la disponibilité de données d’observation terrestres, satellitaires et participatives.
Le passage vers un modèle plus sobre, où la performance économique s’aligne sur la réduction de l’impact environnemental, nécessite une hybridation des compétences. L’expertise agronomique de terrain doit désormais s’appuyer sur des outils de décision automatisés pour garantir la résilience du secteur agricole face aux aléas climatiques.
Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.