Un hommage poignant s’est installé square de la Rance à Rennes, où les amis et connaissances de Guillaume, décédé il y a huit jours, veillent tour à tour sur un mémorial improvisé. La mort de ce Rennais de 50 ans, figure connue du quartier, a suscité une vive émotion et une volonté de sensibiliser à la précarité.
« C’était notre gros nounours, un grand costaud au cœur tendre », témoigne Babass, un ami proche, décrivant Guillaume comme un homme vivant du revenu de solidarité active (RSA) et hébergé dans un squat. Son entourage révèle que Guillaume avait récemment été victime d’une agression particulièrement violente : aspergé au visage avec de l’ammoniaque par trois inconnus. Il avait perdu un œil et subi cinq interventions chirurgicales avant de retourner vivre dans la rue.
Pour honorer sa mémoire, ses camarades ont créé un petit mausolée éphémère, orné de sa photo, de messages personnels, de bougies et de fleurs. « C’est notre façon à nous de lui rendre hommage », explique Arthur, un autre ami. « Et aussi de sensibiliser les passants à la précarité que nous vivons tous les jours. »
La mort de Guillaume intervient quelques jours après un hommage similaire rendu à un graffeur rennais, surnommé le « maire de Sainte-Anne », après lequel des feux d’artifice avaient été tirés en sa mémoire.
« Il va nous manquer, c’est sûr », confie Babass, la voix brisée. « Je lui ai demandé d’embrasser ma fille décédée elle aussi en arrivant au paradis. »
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