Home MondeIN/LAB de Schibsted réinvente la manière dont les jeunes interagissent avec l’actualité

IN/LAB de Schibsted réinvente la manière dont les jeunes interagissent avec l’actualité

by Clara Dubois

Face à un désintérêt croissant des jeunes pour l’information traditionnelle, le laboratoire d’innovation IN/LAB explore de nouvelles voies pour reconnecter les médias avec un public en quête de sens et d’interaction. Des solutions basées sur l’intelligence artificielle et la co-création émergent des recherches menées auprès de centaines de jeunes.

Le constat est clair : de nombreux jeunes se sentent dépassés, voire rebutés par le flux d’informations actuel, le jugeant souvent anxiogène et fragmenté. « Rester informé peut sembler être un travail épuisant à temps plein », explique Rebecka Bekele, responsable de programme chez IN/LAB. « Le défi n’est pas de trouver des informations, mais de leur donner un sens. » Cette désaffection s’accompagne d’une polarisation croissante des opinions, chaque groupe se nourrissant d’une information spécifique.

Cependant, l’émergence de nouvelles technologies offre des opportunités inédites. IN/LAB s’attache à explorer ces « futurs possibles de l’information », en allant au-delà des tendances les plus évidentes pour imaginer des modèles plus adaptés aux besoins du public et des médias. Le laboratoire privilégie une approche participative, en impliquant directement les jeunes dans la conception de solutions.

Les recherches d’IN/LAB ont mis en évidence trois axes majeurs d’attente chez les jeunes. Tout d’abord, un besoin d’aide pour naviguer dans la complexité de l’environnement informationnel. Les participants ont ainsi imaginé des outils comme une « bouée factuelle », un assistant éditorial basé sur l’IA capable de vérifier les affirmations et d’adapter le contenu, ou une « clinique des nouvelles », un avatar IA proposant un soutien en cas de stress lié à l’actualité.

Ensuite, les jeunes expriment un désir d’action et d’interaction. Ils souhaitent pouvoir influencer la manière dont l’information est présentée et façonnée. Des prototypes comme « l’actualité comme musique », transformant les articles en compositions musicales, ou « Couler », permettant aux utilisateurs de choisir le format et de demander des perspectives supplémentaires, illustrent cette volonté. « L’IA collecte les commentaires et les présente aux journalistes », précise Molly Grönlund Müller, chercheuse communautaire chez IN/LAB, « en aidant les journalistes à décider comment développer ou améliorer leurs articles. »

Enfin, les jeunes attendent du journalisme qu’il fasse preuve de responsabilité sociale et qu’il contribue à réduire les divisions. Ils souhaitent que les médias d’information minimisent leur impact environnemental, évitent de renforcer les stéréotypes et favorisent la compréhension mutuelle. Une enquête menée auprès de 500 jeunes a révélé une méfiance envers les entreprises technologiques et les plateformes sociales, et un espoir que les médias d’information puissent incarner une alternative plus éthique.

À ce stade, IN/LAB travaille sur deux projets concrets : une étude sur les relations des jeunes avec les créateurs d’actualités sur les réseaux sociaux, et une expérimentation avec la plateforme de dialogue Parlia, visant à favoriser la curiosité et l’empathie entre différents groupes démographiques en Suède.

Ces travaux soulèvent des questions cruciales pour l’avenir du journalisme : quelle responsabilité les médias doivent-ils assumer pour aider les utilisateurs à évaluer la fiabilité de l’information ? Quel pouvoir faut-il accorder au public pour façonner son expérience de l’actualité ? Et quel rôle le journalisme peut-il jouer pour relier les gens au-delà de leurs différences ?

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