Home NouvellesInquiétudes au tribunal quant à la durée du procès.

Inquiétudes au tribunal quant à la durée du procès.

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 novembre 2025 à 06:52:00. L’affaire des « cahiers de corruption », l’un des plus vastes procès pour corruption de l’histoire récente de l’Argentine, suscite de vives inquiétudes au sein du pouvoir judiciaire en raison de sa durée prévisiblement excessive et de son format initialement prévu en visioconférence.

  • Le Conseil de la Magistrature a annoncé la mise à disposition d’une nouvelle salle d’audience de 200 places pour accueillir les 87 accusés et les parties prenantes.
  • La Cour de cassation pénale s’est interrogée sur l’impact du format virtuel sur les droits de la défense et a plaidé pour une accélération du calendrier.
  • Des scènes insolites lors de la première audience en visioconférence ont mis en lumière les difficultés logistiques et les potentielles atteintes à la solennité de la justice.

L’organisation du procès des « cahiers de corruption », qui implique plus de 600 témoins et 87 accusés, dont d’anciens responsables gouvernementaux et des chefs d’entreprise, est au cœur des préoccupations du pouvoir judiciaire argentin. Initialement prévu de se dérouler principalement par visioconférence, ce format a rapidement été critiqué pour son impact potentiel sur le droit à un procès équitable et la transparence de la procédure.

Le Conseil de la Magistrature a réagi en annonçant l’inauguration prochaine, entre le 10 et le 15 novembre, d’une nouvelle salle d’audience au sein du bâtiment Comodoro Py 2002. Cette salle, issue de la rénovation de l’ancienne salle d’audience de l’AMIA (Association Mutual Israélite Argentine), pourra accueillir jusqu’à 200 personnes, permettant ainsi de réunir physiquement les accusés, leurs avocats, les représentants du ministère public et les parties civiles. Cette salle avait déjà accueilli, en 2013, le premier procès oral et public suite à l’attentat contre l’AMIA, impliquant de nombreux prévenus.

La décision de recourir à la visioconférence avait été prise par le président du tribunal oral fédéral n° 7, Enrique Méndez Signori, en raison du manque d’espace physique et de la complexité logistique du procès. Il avait exprimé ses inquiétudes quant à la possibilité de mener à bien le processus dans des conditions acceptables avec une seule audience par semaine. Cette décision n’a pas été du goût du parquet, ni de nombreux défenseurs, qui craignent que leurs clients ne soient pas en mesure de témoigner efficacement à distance, loin des juges.

La première audience, tenue par Zoom, a donné lieu à des scènes pour le moins inhabituelles. Alberto Padoán, un des accusés de la société Vicentin, a été aperçu allongé dans son lit pendant la procédure, tandis que l’ancien ministre Julio De Vido a déjeuné devant la caméra, sans se soucier du regard. Ces incidents ont alimenté les critiques et renforcé les doutes quant à la pertinence du format virtuel.

La Cour de cassation pénale a été saisie de plusieurs recours contestant le format virtuel. Les juges Daniel Pétrone et Diego Barroetaveña, également membres du Conseil de la Magistrature, ont souligné que la complexité de l’affaire et le nombre important d’accusés et de témoins ne devraient pas compromettre les droits fondamentaux des parties. Ils ont suggéré d’augmenter la fréquence des audiences afin d’éviter les retards et de garantir un procès équitable.

Finalement, un compromis a été trouvé : une audience hebdomadaire sera maintenue jusqu’à la fin de l’année, puis deux audiences par semaine, les mardis et jeudis, à partir du 3 mars 2026. Les juges souhaiteraient toutefois que des audiences en personne aient lieu quotidiennement. La Cour de cassation a également recommandé de revoir le calendrier des débats pour éviter les délais excessifs dans un procès qui pourrait durer plusieurs années.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.