Publié le 16 décembre 2025 à 18h56. YPF, la compagnie pétrolière argentine, prévoit d’investir massivement dans les prochaines années, notamment dans le gaz naturel liquéfié (GNL), malgré un contexte mondial de prix du pétrole en baisse et des cessions d’actifs stratégiques.
- YPF s’engage à investir 6 milliards de dollars en 2026, soit une augmentation de 20 % par rapport à cette année.
- L’entreprise mise sur le développement du GNL, avec un projet ambitieux visant une production annuelle de 12 millions de tonnes à partir de 2030.
- Des cessions d’actifs, comme la vente de 50 % de Profertil et d’une partie de Metrogas, financent en partie ces investissements.
Face à un marché pétrolier volatil, où le prix du baril oscille autour de 59 dollars américains, YPF maintient une stratégie d’investissement offensive. Horacio Marín, président-directeur général de l’entreprise, a annoncé un plan de 6 milliards de dollars pour 2026, une hausse significative par rapport aux dépenses actuelles. Cette décision intervient alors que les prévisions du secteur tablent sur un prix moyen du pétrole brut autour de 63 dollars américains en 2026, en baisse par rapport aux 68 dollars de cette année et aux 75 dollars de 2024, avec un scénario pessimiste envisageant même une chute à 55 dollars le baril.
Pour financer ces investissements, YPF s’appuie sur des cessions d’actifs récentes. La vente de 50 % de sa participation dans Profertil à Adecoagro a rapporté 600 millions de dollars, tandis que le transfert du champ pétrolier conventionnel de Manantiales Behr à Rovella Capital a généré 500 millions de dollars supplémentaires. L’entreprise espère également obtenir entre 500 et 600 millions de dollars grâce à la vente de 70 % de ses actions dans Metrogas. YPF attend la prolongation de sa licence de concession par Enargas, qui expire en décembre 2027, une prolongation portée à 20 ans suite à la récente loi de base.
Au cours du dernier trimestre, YPF a extrait en moyenne 240 000 barils de pétrole par jour, dont 170 000 provenant des gisements non conventionnels de Vaca Muerta, représentant 70 % de sa production totale. Horacio Marín ambitionne de faire de YPF un producteur exclusivement axé sur les ressources non conventionnelles.
« Nous voulons constituer une réserve de plusieurs millions de dollars pour faire face à d’éventuelles fluctuations des prix du pétrole. Nous anticipons une baisse l’année prochaine, mais nous ne souhaitons pas réduire notre activité, car nous prévoyons une remontée des prix d’ici 2027. »
Horacio Marín, président-directeur général d’YPF
L’élément central de la stratégie de YPF est le développement d’un projet de production de Gaz Naturel Liquéfié (GNL). L’entreprise espère attirer des partenaires stratégiques, notamment XRG, la branche internationale d’investissement énergétique d’Adnoc (Abu Dhabi National Oil Company), la quatrième compagnie pétrolière mondiale, et ENI, le groupe italien. Un financement de projet, structuré par J.P. Morgan, est envisagé, couvrant 70 % du coût total de l’initiative, estimé à plus de 12 milliards de dollars.
YPF étudie également l’extension du projet avec l’ajout d’un troisième navire de liquéfaction de 6 millions de tonnes par an (MTPA). L’entreprise recherche un nouveau partenaire pour remplacer Shell, qui a récemment suspendu sa participation au projet. Parmi les alternatives envisagées, un fonds d’investissement impliquant Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde, ou un retour de Shell sont à l’étude.
Si YPF parvient à augmenter sa capacité de production à 18 millions de tonnes par an, le financement structuré par J.P. Morgan pourrait atteindre environ 17 milliards de dollars, générant d’importantes recettes en devises pour l’Argentine. Les entreprises espèrent prendre une décision finale d’investissement (FID) au premier semestre 2026.
Parallèlement, YPF prévoit de segmenter son réseau de stations-service à partir de l’année prochaine, avec trois catégories : “YPF Noir” (premium), les stations traditionnelles et “Réfiplus” (low-cost), situées dans les zones moins denses. La super essence ne sera plus proposée dans les stations premium, qui mettront l’accent sur une offre gastronomique renforcée, avec des négociations en cours avec le chef Christian Petersen pour proposer des pizzas Zen, des empanadas Nos coutumes créoles et des sandwichs Valenti, ainsi qu’avec McDonald’s et Farmacité.
Enfin, YPF prévoit d’installer des stations modulaires dans les zones à forte demande, comme la côte atlantique, et de les déplacer vers les stations de ski pendant l’hiver.
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