Après des années de silence ou de soumission, Hollywood commence à déconstruire les stigmates de l’ère dite « woke ». Des actrices comme Jennifer Lawrence et Sydney Sweeney osent désormais remettre en question les excès de la culture de l’annulation, tandis que de plus en plus de films abordent frontalement ce phénomène.
L’actrice Jennifer Lawrence a révélé qu’elle et Emma Stone travaillaient sur un long métrage dédié à Miss Piggy, un personnage qu’elles imaginent confronté à la « cancel culture ». « Pendant le confinement, une de mes amies, qui ne travaille pas dans le milieu, a eu l’idée qu’il serait drôle que Miss Piggy soit annulée », a-t-elle expliqué lors de l’émission The Tonight Show. « Ce n’est pas forcément l’intrigue, mais ça a fait germer l’idée. » Une telle déclaration, impensable il y a quelques années, témoigne d’un changement de climat.
Sydney Sweeney, quant à elle, a fait preuve d’une rare fermeté face aux critiques. L’actrice a refusé de s’excuser pour une publicité pour American Eagle, où elle jouait sur les mots « jeans » et « gènes » en référence à sa beauté. Malgré les protestations, elle est restée inflexible, infligeant un nouveau revers au mouvement « woke ».
Ce regain de courage se traduit également à l’écran. Le film « After the Hunt », avec Julia Roberts, explore les tensions liées au mouvement #MeToo et aux accusations infondées. Le long métrage, sans offrir de réponses faciles, soulève des questions pertinentes sur la justice et la présomption d’innocence.
D’autres productions, comme « Eddington », ont abordé des sujets sensibles tels que les émeutes suite à la mort de George Floyd et l’ascension du mouvement Black Lives Matter (BLM). Bien que critiqué, ce film a été salué pour son audace et son humour mordant.
Le phénomène ne se limite pas aux États-Unis. Au Royaume-Uni, la série « Douglas Is Cancelled », avec Hugh Bonneville, a permis d’examiner les dérives de la culture de l’annulation sans que les acteurs ne soient censurés. « Si jamais il y avait un péché, même un péché de syntaxe, un péché de prononciation incorrecte, ou une citation mal rapportée, c’est trop tard – la marée a déjà commencé, et elle ne s’arrêtera pas tant qu’il n’y aura pas de sang », expliquait l’un des acteurs, soulignant la rapidité avec laquelle une simple erreur peut dégénérer en polémique nationale.
En 2023, le film « Dream Scenario », avec Nicolas Cage, mettait en scène un professeur confronté à l’annulation pour une raison insolite : il apparaissait dans les rêves des gens, où il se comportait de manière répréhensible.
Le film « Tár », sorti en 2022, avec Cate Blanchett, avait déjà esquissé cette tendance en montrant un personnage dénonçant l’attitude « woke » d’un étudiant. Selon le critique John Ocasio-Rodham Nolte, ce film pourrait être considéré comme « le seul document honnête de l’ère honteuse du ‘woke’ ».
Ces productions marquent un tournant dans l’industrie cinématographique, qui avait longtemps évité d’aborder frontalement ce sujet. Alors que l’ère « woke » semble s’éloigner, Hollywood semble enfin prêt à s’interroger sur ses propres contradictions et à explorer les conséquences de cette culture de l’annulation.
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