Publié le 17 janvier 2026 à 15h21. L’actrice suisse Isabella Schmid, figure familière du petit et grand écran, évoque dans une interview les défis personnels qu’elle a traversés, notamment la perte de son compagnon, et son regard sur l’avenir, marqué par une nouvelle exposition photographique.
- Isabella Schmid revient sur sa carrière prolifique, forte de plus de 70 productions télévisuelles, 60 pièces de théâtre et neuf films.
- Elle partage son expérience du deuil après la disparition de son partenaire, le musicien et photographe Urs Gantner, en 2024.
- Son travail photographique sera présenté lors de l’exposition Photo Suisse en février 2026.
À 55 ans, Isabella Schmid se dit sereine, mais le souvenir de son compagnon, décédé en 2024, reste vif. L’actrice zurichoise, dont la carrière s’étend sur plusieurs décennies, aborde avec émotion les changements de priorités que cette perte a engendrés.
« En fait, ce n’est pas différent de ce que j’avais quand j’avais 54 ans, » confie-t-elle. « Sérieusement, l’âge n’a jamais été un problème pour moi. Chaque phase de la vie a ses bons côtés. » Elle évoque un sentiment de calme et de satisfaction intérieure, fruit d’une vie moins stressante et d’une plus grande économie de moyens.
Isabella Schmid se souvient d’une époque où elle aspirait à la légèreté et à l’ouverture sur le monde, mais elle se dit reconnaissante de ne pas être jeune aujourd’hui, face aux tensions et aux incertitudes de la jeunesse actuelle. Elle se considère chanceuse d’avoir réalisé ses rêves professionnels, ayant joué dans des séries télévisées, des films et des productions théâtrales à l’étranger.
« J’ai moins de contraintes aujourd’hui, » explique-t-elle. « Aussi parce que je sais que mon métier ne fait pas tout dans la vie. Le théâtre est certes ma passion, que je vis depuis 35 ans, mais j’ai appris que d’autres tâches peuvent être plus importantes. »
La disparition d’Urs Gantner a profondément modifié ses priorités. « Mes priorités ont complètement changé du jour au lendemain, » témoigne-t-elle. « Si vous êtes si clairement confronté à la nature finie de la vie, votre travail et chaque petite vanité deviennent secondaires. » Elle souligne la force incroyable dont l’être humain est capable, mais aussi le vide immense laissé par la perte d’un être cher.
« Nous, les humains, avons une force incroyable en nous. Je n’en ai pris conscience qu’après la mort d’Urs, quand soudain il ne restait plus rien, » dit-elle. « Et pas seulement parce qu’il me manquait tellement, mais aussi parce que toute la structure qui caractérisait notre vie quotidienne à cette époque s’est évaporée du jour au lendemain. »
Elle décrit la douleur de cette finalité, l’impossibilité de retrouver le contact avec celui qu’elle a aimé. « Cette finalité qu’apporte la mort, » confie-t-elle. « Cette connaissance effrayante que vous ne pourrez plus jamais parler à un être cher, ni le ressentir. Soudain, une partie de vous disparaît. Pour moi, c’est comme si la moitié de moi manquait. Il n’y a plus qu’un trou là-bas maintenant. »
Isabella Schmid aborde son avenir avec prudence, sans projets précis. Elle se concentre sur le moment présent et se consacre à nouveau à son travail. Elle évoque également sa passion pour la photographie, allumée par Urs Gantner, et son exposition à Photo Suisse en février 2026.
« Urs était, entre autres, photographe ; il a allumé le feu en moi pour la photographie argentique, » explique-t-elle. « Ce sont des images silencieuses. Elles montrent la solitude des gens. Ce sont des images tristes, mais aussi calmes et puissantes qui montrent la vraie vie. »
« Je n’ai aucun rêve pour le moment, » conclut-elle. « Je n’aime pas penser à l’avenir, qui se révèle souvent différent de ce que l’on pense de toute façon. La vie bouge par vagues. Parfois, vous êtes au sommet, puis à nouveau en bas. Le bien suit le mal et vice versa. J’y crois fermement. Donc les choses vont s’améliorer pour moi à un moment donné. »
À ne pas manquer
