Publié le 9 janvier 2026 à 05h07. L’Italie est en deuil après la tragédie de Crans-Montana, où six jeunes de 14 à 17 ans ont perdu la vie dans un incendie. Les funérailles se sont déroulées dans plusieurs villes du pays, marquées par l’émotion et une profonde remise en question.
Les obsèques des six victimes italiennes de l’incendie survenu à Crans-Montana, en Suisse, ont rassemblé familles, amis et communautés endeuillées à travers toute l’Italie. Chiara Costanzo et Achille Barosi ont été inhumés à Milan, Riccardo Minghetti à Rome, Emanuele Galeppini à Gênes, Giovanni Tamburi à Bologne, et Sofia Prosperi, la plus jeune des victimes, âgée de 14 ans et d’origine italo-suisse, à Lugano.
Dans chaque ville, les églises étaient bondées, témoignant de l’immense tristesse qui frappe le pays. L’homélie prononcée par Mgr Alberto Torriani, archevêque et ancien recteur du Collegio San Carlo de Milan, où Chiara Costanzo était étudiante, a qualifié le 31 décembre de « jour maudit ». Il a rappelé que Chiara n’était pas initialement prévue pour se trouver au Constellation le soir du drame, mais s’y était rendue avec ses amis faute de place dans un autre établissement.
La sœur de Chiara a pris la parole, submergée par l’émotion :
« Je suis en colère parce que je ne pourrai plus jamais vous demander conseil. »
Sœur de Chiara Costanzo
Au-delà de la douleur immédiate, cette tragédie soulève une question linguistique et émotionnelle profonde. L’italien, comme l’allemand, ne possède pas de terme spécifique pour désigner le frère ou la sœur d’une personne décédée. Ces proches restent liés par un lien particulier, tout comme les parents dont l’enfant est décédé conservent un lien unique et indéfectible. Cette absence de mot a été évoquée par l’auteur Matteo Bussola dans La Repubblica, qui souligne que les mots semblent parfois impuissants face à une telle souffrance.
L’Italie vit cette mort comme un tournant, un « choc générationnel ». La mort de jeunes de 16 ou 17 ans dans un lieu censé être sûr, comme un bar en Suisse, remet en question l’idée même de sécurité, malgré tous les efforts éducatifs et protecteurs, selon Bussola et de nombreux commentateurs.

Les premières réactions sur les réseaux sociaux, critiquant les jeunes qui filmaient la scène comme étant cyniques ou irréalistes, ont évolué après que des témoignages courageux ont émergé. L’image d’un jeune homme retournant dans le bâtiment pour aider une fille, et y perdant la vie, ou d’autres tentant d’éteindre les flammes avec leurs vêtements, a suscité une vague d’émotion et de compréhension. Bussola souligne que la panique peut parfois se manifester par des comportements inattendus, comme filmer la scène pour tenter de la maîtriser ou de la maintenir à distance.
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