Publié le 16 janvier 2024 21:48:00. Le gouvernement autrichien mise sur une nouvelle stratégie industrielle pour relancer son économie, mais les industriels se montrent sceptiques face aux contraintes budgétaires qui pourraient freiner sa mise en œuvre. L’Autriche ambitionne de figurer parmi les dix nations les plus compétitives d’ici 2035.
- La stratégie industrielle autrichienne comprend 114 mesures visant à soutenir le secteur, mais leur financement est incertain.
- L’Association Industrielle (IV) souligne l’importance de réformes structurelles pour libérer des marges budgétaires.
- Le secteur de la défense est perçu comme un potentiel moteur de croissance, malgré la neutralité autrichienne.
L’Autriche a dévoilé une stratégie industrielle ambitieuse, articulée autour d’une centaine de mesures destinées à dynamiser le tissu industriel local. L’objectif affiché est de propulser le pays dans le top 10 des nations les plus compétitives à l’horizon 2035, un objectif de taille compte tenu de sa position actuelle, 26ème au classement mondial. Selon Georg Knill, président de l’Association Industrielle (IV), cette stratégie permet de définir clairement les axes de développement industriel du pays.
Cependant, l’enthousiasme est tempéré par les contraintes budgétaires qui pèsent sur ces mesures. M. Knill a souligné que le ministre des Finances a semblé se réserver une marge de manœuvre importante à la fin du document.
« Nous n’avons aucune marge de manœuvre budgétaire pour mettre en œuvre ces mesures rapidement et complètement. »
Georg Knill, président de l’Association Industrielle (IV)
Il insiste sur la nécessité de mener des réformes structurelles profondes pour dégager des ressources financières et assurer la pérennité des investissements.
Concernant les prix de l’électricité, un sujet crucial pour les entreprises énergivores, la loi de compensation ou de péréquation de l’électricité, approuvée par l’Union Européenne, constitue un premier pas. Elle prévoit un soutien de 75 millions d’euros pour 2025 et 2026, avec une possible prolongation jusqu’en 2029. L’Autriche s’inspire du modèle allemand, qui propose un prix de l’électricité à 5 centimes pour les industries à forte intensité énergétique, et prévoit de lancer un “prix de l’électricité industrielle” à partir de 2027.
M. Knill a également mis en avant le potentiel du secteur de la défense, estimant que les investissements européens prévus dans ce domaine – plus de 800 milliards d’euros dans les prochaines années – représentent une opportunité à ne pas manquer. Il a souligné que ces investissements ne se limitent pas à l’armement, mais concernent également des technologies de pointe, notamment en microélectronique. Tout en réaffirmant la neutralité de l’Autriche, il a insisté sur la nécessité pour le pays de maintenir une capacité de défense solide.
« Vous savez ce que la neutralité signifie pour l’Autriche : à savoir la capacité à vous défendre. »
Georg Knill, président de l’Association Industrielle (IV)
Il s’est interrogé sur l’intérêt de renoncer à participer à ce marché en pleine expansion :
« Pourquoi ne devrions-nous pas participer à ce gâteau, qui constitue un segment en forte croissance dans toute l’Europe ? »
Georg Knill, président de l’Association Industrielle (IV)
Enfin, M. Knill a exprimé sa préoccupation face à la montée du protectionnisme à l’échelle mondiale, évoquant la politique tarifaire mise en place par l’ancien président américain Donald Trump. Il a suggéré que l’Europe devrait envisager des mesures similaires pour protéger ses propres industries.
« Pourquoi ne devrions-nous pas faire la même chose en Europe que dans d’autres pays ? »
Georg Knill, président de l’Association Industrielle (IV)
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