Publié le 16 novembre 2023 à 08h30. L’avenir de Kenny Jacobs à la tête de l’autorité aéroportuaire irlandaise (daa) est incertain, alors que le gouvernement étudie une proposition d’indemnité de départ potentielle d’environ 1 million d’euros, au moment où les aéroports de Dublin et de Cork se préparent à un trafic record.
- Le conseil d’administration de la daa et son directeur général, Kenny Jacobs, sont en désaccord depuis deux mois, suite à des plaintes concernant son style de gestion.
- Un accord de départ a été conclu, prévoyant une indemnité substantielle, mais il doit encore être approuvé par les ministres des Transports et des Finances.
- Le ministre des Transports, Darragh O’Brien, se montre réticent à valider cette indemnité, craignant un précédent et appelant à une résolution par la médiation.
L’impasse actuelle au sommet de la daa survient alors que les aéroports de Dublin et de Cork se préparent à affronter leur période de pointe la plus chargée à ce jour. La daa prévoit plus de 36 millions de passagers à Dublin cette année, dépassant la limite actuelle de 32 millions, qui est contestée devant les tribunaux. Des projets d’extension de capacité sont en cours pour les deux aéroports, notamment une modernisation de 200 millions d’euros pour Cork.
Kenny Jacobs, arrivé aux commandes de la daa en novembre 2022, succédant à Dalton Philips, avait promis une approche pragmatique et axée sur les résultats. Il avait précédemment occupé le poste de directeur marketing chez Ryanair. Son style de gestion, qu’il qualifiait lui-même de « direct », a cependant suscité des tensions avec certains membres du conseil d’administration, menant à des plaintes qui, bien que finalement rejetées après enquête, ont fragilisé la relation.
La situation a dégénéré après que le président de la daa, Basil Geoghegan, ait recommandé au ministre des Transports une augmentation du salaire de M. Jacobs. L’accord de départ proposé, estimé à environ 1 million d’euros compte tenu de la durée restante de son contrat (il avait perçu une rémunération totale de 375 000 euros l’année dernière), a suscité des critiques de la part des partis d’opposition, qui le qualifient de « poignée de main en or extravagante ». Jennifer Whitmore, porte-parole des sociaux-démocrates pour les transports, a déclaré que le ministre des Transports devait rendre des comptes sur cette proposition.
Le ministre O’Brien a exprimé son « agacement » face à l’escalade de la situation et a exhorté les deux parties à reprendre la médiation. Cependant, le conseil d’administration semble avoir rejeté cette suggestion. Il a déclaré qu’il souhaitait une résolution « dans un sens ou dans l’autre » et « le plus rapidement possible », tout en refusant de commenter plus en détail la situation. Le ministre d’État chargé des Transports, Jerry Buttimer, a quant à lui plaidé pour le maintien de Kenny Jacobs à son poste, estimant qu’il est « la bonne personne pour ce rôle » et encourageant le conseil d’administration à « revenir autour de la table » pour de nouvelles discussions.
Une source proche du dossier a indiqué que M. Jacobs serait ouvert à une reprise des négociations avec le conseil d’administration afin de poursuivre son travail. La question reste donc en suspens : le ministre apportera-t-il son soutien au conseil d’administration, dont le mandat du président Geoghegan expire en juin prochain, ou au PDG ? L’approbation de l’indemnité de départ pourrait avoir des conséquences politiques négatives.
Parallèlement à cette querelle interne, la daa a appelé à la création d’une unité de planification stratégique des transports pour superviser les grands projets d’infrastructure, soulignant la nécessité d’une plus grande certitude concernant les délais et les processus décisionnels en matière de planification.
