Publié le 6 novembre 2024 à 19h04. L’ancienne présidente bolivienne Jeanine Áñez a retrouvé la liberté après près de cinq ans de détention, suite à une décision de la Cour suprême qui dénonce des violations des garanties constitutionnelles lors de son procès. Cette libération ouvre la voie à une nouvelle enquête, cette fois dans le cadre d’une procédure de responsabilité.
- Jeanine Áñez a été libérée après une décision de la Cour suprême bolivienne invalidant son procès initial.
- Le tribunal a estimé que les garanties constitutionnelles n’avaient pas été respectées lors de son jugement.
- Une nouvelle enquête, dite de “responsabilité”, pourrait être ouverte contre elle et d’autres anciens responsables.
L’ancienne présidente bolivienne Jeanine Áñez a quitté ce jeudi un pénitencier pour femmes à La Paz, après une détention de près de cinq ans. Sa libération fait suite à une décision de la Cour suprême de justice de Bolivie, qui a invalidé le procès initial la condamnant à 10 ans de prison. Selon la Cour, ce procès a été entaché de violations des garanties constitutionnelles, notamment en raison de la compétence du tribunal saisi pour juger cette affaire.
La Cour suprême a estimé que le procès initial, qui l’avait reconnue coupable de “manquement aux devoirs” et de “résolutions contraires à la Constitution” pour sa prise de fonction en 2019, n’était pas conforme aux procédures légales. Cette décision ouvre désormais la voie à une nouvelle enquête, menée dans le cadre d’une procédure de “responsabilité”, qui s’applique aux dirigeants et aux membres de l’État en Bolivie.
Jeanine Áñez avait assumé la présidence par intérim de la Bolivie en novembre 2019, après la démission d’Evo Morales, suite à des pressions militaires et des manifestations massives. Son gouvernement a ensuite été accusé par les partisans de Morales d’avoir orchestré un “coup d’État”.
Avec l’arrivée au pouvoir de Luis Arce, allié d’Evo Morales, en novembre 2020, la justice bolivienne a engagé une procédure pénale contre Jeanine Áñez et plusieurs membres de son gouvernement. Elle avait été placée en détention préventive en mars 2021 et condamnée en 2022 à une peine de 10 ans de prison.
À sa sortie de prison, Jeanine Áñez, âgée de 58 ans, a été accueillie par sa famille et ses partisans, brandissant un drapeau bolivien. Elle a déclaré :
« Je ne regretterai jamais d’avoir servi le pays quand il avait besoin de moi. »
Jeanine Áñez, ancienne présidente bolivienne
L’ancienne présidente devrait assister à la cérémonie d’investiture du président élu Rodrigo Paz, prévue ce samedi 8 novembre, et se rendra ensuite à Trinidad, sa ville natale, où une fête est organisée par sa famille et ses soutiens.
L’enquête initiale portait sur les événements qui ont conduit à la démission d’Evo Morales en 2019. Le général Williams Kaliman, alors commandant des forces armées boliviennes, avait suggéré au président Morales de démissionner afin de désamorcer la crise politique, exacerbée par des manifestations violentes et des accusations de fraude électorale. Les opposants au gouvernement du Mouvement vers le socialisme (MAS) affirment que ces manifestations étaient une réaction à une tentative de Morales de se maintenir au pouvoir pour un quatrième mandat consécutif, ce que la Constitution bolivienne interdit.
Le gouvernement socialiste, revenu au pouvoir en 2020, a accusé le gouvernement Áñez et d’anciens responsables militaires et policiers d’avoir orchestré un coup d’État contre Evo Morales. En 2021, le ministère public bolivien avait émis un mandat d’arrêt contre Jeanine Áñez dans le cadre de cette affaire.
Le président de la Cour suprême, Rómer Saucedo, a expliqué que la libération de l’ancienne présidente est conditionnée à ce qu’elle soit jugée “de la manière appropriée” dans le cadre de la nouvelle procédure.
Source des images, Getty Images
Abonnez-vous à notre nouvelle newsletter pour recevoir chaque vendredi une sélection de nos meilleurs contenus de la semaine.
Et n’oubliez pas que vous pouvez recevoir des notifications dans notre application. Téléchargez la dernière version et activez-les.
