Publié le 16 décembre 2025 11h55:00. Le Festival International du Film de Marrakech a célébré l’actrice et réalisatrice américaine Jodie Foster, honorant une carrière de près de soixante ans et coïncidant avec la projection en avant-première du film français « Vie Privée » de Rebecca Zlotowski.
- Jodie Foster a reçu un hommage exceptionnel au festival marocain, saluant son parcours cinématographique unique.
- L’actrice a partagé ses réflexions sur la survie dans l’industrie du cinéma, la nécessité de se réinventer et l’importance de préserver son intégrité.
- Son expérience précoce sur les plateaux de tournage, notamment dans « Taxi Driver », a façonné sa compréhension du métier d’acteur.
Marrakech a vibré au rythme du cinéma en rendant hommage à Jodie Foster, une figure emblématique du septième art. L’événement a été marqué par une rétrospective de ses œuvres et la projection en avant-première de « Vie Privée », le dernier film de la réalisatrice française Rebecca Zlotowski. L’actrice américaine a profité de cette occasion pour évoquer les défis et les joies d’une carrière débutée dès l’enfance.
Jodie Foster a souvent affirmé qu’elle n’avait pas choisi le métier d’actrice, mais que celui-ci l’avait choisie. « J’ai commencé à travailler avant que ma mémoire ne commence vraiment », a-t-elle confié. À trois ans, elle était déjà devant la caméra, et à douze ans, elle incarnait Iris dans le controversé « Taxi Driver », un rôle qui l’a confrontée très tôt à la complexité du monde adulte, alors qu’elle menait une vie d’écolière ordinaire en France.
Enfant, elle se décrivait comme une intellectuelle solitaire, passionnée par la lecture. Le jeu d’acteur ne lui venait pas naturellement. Les réalisateurs lui demandaient de simuler des émotions qu’elle ne comprenait pas, comme pleurer en pensant à son grand-père. Pour survivre dans cet environnement, elle a dû apprendre à maîtriser ses émotions et à décrypter la psychologie humaine par elle-même.
Un tournant décisif dans sa carrière fut sa rencontre avec Robert De Niro. Avant le tournage de « Taxi Driver », il a pris le temps de répéter des scènes avec elle, souvent en silence, restant constamment dans la peau de son personnage. Initialement déconcertée par cette approche, Jodie Foster a fini par comprendre l’importance de l’improvisation et de la construction d’un personnage. « J’ai réalisé que c’était de ma faute », a-t-elle expliqué. “Je me contentais de réciter mes répliques et d’attendre mon signal. Construire un personnage, c’est quelque chose de complètement différent.” Elle se souvient être rentrée à son hôtel après cette révélation, « en sueur et en riant », bouleversée par la découverte des possibilités infinies du métier d’acteur.
La figure maternelle de Jodie Foster a joué un rôle crucial dans son parcours. Sa mère l’avait prévenue que peu d’acteurs enfants parvenaient à survivre au-delà de dix-huit ans, une échéance qu’elle a ensuite prolongée à quarante ans. Jodie Foster a donc décidé de poursuivre des études à Yale, se préparant ainsi à une éventuelle transition vers une autre carrière. Mais ce jour n’est jamais venu, et elle a continué à prospérer à Hollywood.
Dès ses débuts, Jodie Foster a privilégié les rôles qui mettaient les femmes au centre de leur propre histoire. « Je ne voulais pas être la sœur, la femme, la petite amie de… », a-t-elle déclaré. “Je voulais que le film parle de mon propre voyage.”
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