Publié le 29 septembre 2025 13h30. La septicémie, une réaction excessive du corps face à une infection, demeure une urgence médicale trop souvent fatale. Le déploiement généralisé de la « règle de Martha » dans les hôpitaux anglais vise à améliorer la prise en charge des patients et à prévenir les décès évitables liés à cette condition.
- La septicémie est une urgence potentiellement mortelle qui nécessite un diagnostic et un traitement rapides.
- Des erreurs médicales, telles que des diagnostics tardifs ou une surveillance inadéquate, peuvent entraîner des conséquences graves pour les patients.
- La « règle de Martha », inspirée du décès tragique d’une jeune fille, permet aux patients et à leurs familles de signaler leurs inquiétudes concernant une détérioration de l’état de santé.
La septicémie, ou sepsis, est une réponse inflammatoire incontrôlée déclenchée par une infection. Elle peut survenir suite à une pneumonie, une infection urinaire, ou même une simple blessure. Si elle n’est pas traitée rapidement, elle peut entraîner une insuffisance organique, un choc septique et, dans de nombreux cas, le décès. Chaque année, la Journée mondiale de la septicémie, le 13 septembre, rappelle l’importance d’une prise en charge rapide et efficace.
Les symptômes de la septicémie peuvent être variés et parfois difficiles à identifier. Ils incluent une confusion ou des troubles du discours, des frissons intenses, une absence d’urine pendant une journée, un essoufflement sévère, une peau tachetée ou décolorée, et un sentiment de mort imminente. La rapidité du diagnostic est cruciale.
Le protocole « Septicémie » (Sepsis Six), développé par le UK Sepsis Trust, préconise une série d’interventions à mettre en œuvre dans l’heure suivant la suspicion de septicémie : administration d’oxygène, prélèvements sanguins pour hémoculture, administration d’antibiotiques par voie intraveineuse, mesure du taux de lactate, perfusion de liquides et surveillance de la production d’urine. Ces mesures peuvent sauver des vies.
Malgré une sensibilisation accrue, la septicémie reste une cause majeure de décès évitables au Royaume-Uni. Des erreurs médicales peuvent conduire à des réclamations pour négligence. Les défaillances les plus courantes incluent un diagnostic tardif, une administration inappropriée ou tardive d’antibiotiques, une surveillance insuffisante des patients dont l’état se détériore, et un retour à domicile prématuré sans évaluation adéquate.
Les conséquences d’un traitement tardif peuvent être dévastatrices : lésions organiques permanentes, amputations dues à la nécrose tissulaire, troubles cognitifs, traumatisme psychologique et perte d’autonomie. Dans de nombreux cas, ces séquelles auraient pu être évitées grâce à une prise en charge rapide et appropriée.
En septembre 2025, le National Health Service (NHS) a annoncé le déploiement complet de la « règle de Martha » dans les 210 hôpitaux aigus d’Angleterre. Cette initiative, nommée en hommage à Martha Mills, une jeune fille de 13 ans décédée de la septicémie en 2021 après que les inquiétudes de ses parents n’aient pas été prises en compte, permet aux patients, à leurs familles et au personnel soignant de signaler rapidement les préoccupations concernant une détérioration de l’état de santé. Entre septembre 2024 et juin 2025, plus de 4 900 alertes ont été déclenchées via la ligne d’assistance de la règle de Martha, entraînant 241 interventions potentiellement vitales. Pour en savoir plus, consultez le site web du NHS.
La règle de Martha offre un canal clair pour des revues cliniques urgentes par une équipe différente, contribuant ainsi à prévenir les retards de traitement et à améliorer la sécurité des patients. Elle transforme déjà la culture hospitalière en validant les préoccupations des familles et en encourageant une action rapide – une étape essentielle pour prévenir les dommages évitables dans des conditions telles que la septicémie.
