L’alerte du SNDV face à l’explosion des diagnostics

La situation sanitaire actuelle impose une vigilance accrue. Selon les données relayées par BFMTV, plus de 200 000 cas de cancer de la peau sont diagnostiqués chaque année en France. Cette progression est alarmante : le nombre de cas a plus que triplé sur la période allant de 1990 à 2023.
Le syndicat national des dermatologues-vénérologues, qui fédère près de 1 720 professionnels, pointe une résistance culturelle face aux messages de prévention.
Anne Bellut, secrétaire générale du SNDV
Cette inertie est particulièrement marquée chez les jeunes adultes. Un sondage Ipsos réalisé en 2023 révèle qu’une écrasante majorité — 90 % des moins de 25 ans — s’expose en pleine journée sans protection suffisante. Pour les spécialistes, ce comportement s’explique par un désir immédiat de profiter du soleil après l’hiver, occultant le fait que les cancers cutanés se développent lentement avec l’âge.
Le mélanome et le poids des expositions précoces
Tous les cancers de la peau ne se valent pas en termes de dangerosité. Le mélanome cutané s’impose comme la forme la plus grave en raison de sa forte capacité à métastaser. D’après les informations transmises par Radio France, le mélanome est responsable de 80 % des décès liés aux cancers de la peau.
Pourtant, une part massive de ces pathologies pourrait être évitée. On estime que 8 cancers de la peau sur 10 pourraient être prévenus grâce à une protection maximale.
L’historique d’exposition joue un rôle déterminant. Les spécialistes alertent sur les coups de soleil subis durant l’enfance et l’adolescence, car ces brûlures précoces augmentent significativement les risques de développer un cancer cutané à l’âge adulte. Certaines vulnérabilités biologiques accentuent ce risque, notamment pour les personnes ayant la peau claire, les yeux clairs ou présentant de nombreux grains de beauté.
L’opération “On n’est pas des saucisses” contre les idées reçues

Pour combattre la banalisation du risque, la Ligue contre le cancer a déployé une campagne percutante intitulée “On n’est pas des saucisses”. L’objectif est de rappeler que la surexposition aux UV est le facteur déclencheur principal.
Charlotte Douchet, chargée de prévention à la Ligue contre le cancer
La campagne s’attaque également aux mythes persistants, comme celui du bronzage progressif qui serait sans danger. En réalité, le bronzage est une réaction de défense de l’organisme face aux agressions des cellules cutanées provoquées par les UV. Cette dégradation cellulaire s’opère même en l’absence de coup de soleil visible.
L’autre piège réside dans la météo. Les rayons ultraviolets ne disparaissent pas lorsque le ciel est couvert. Les nuages ne bloquent pas totalement les UV, et le risque est même amplifié par la réverbération sur des surfaces comme le sable, l’eau ou la neige. La protection doit donc être maintenue “été comme hiver, sous le soleil ou les nuages”.
Les règles d’or pour une protection efficace

Face à l’indice UV élevé prévu pour ce week-end, les autorités de santé s’accordent sur un protocole de protection strict. La stratégie repose sur trois piliers : l’évitement, le vêtement et la chimie.
Au-delà des accessoires, la Ligue contre le cancer insiste sur la nécessité de “prendre conscience de son environnement quotidien”, que ce soit lors d’une activité professionnelle ou d’une sortie, pour adapter sa protection à chaque situation.
Focus sur les populations les plus vulnérables
L’exposition solaire n’affecte pas tout le monde de la même manière. Les enfants de moins de trois ans sont identifiés comme étant particulièrement sensibles aux UV, nécessitant une protection rigoureuse combinant ombre, vêtements et crème solaire.
Le paradoxe des jeunes adultes demeure le point noir de la prévention. Alors que les enfants sont de plus en plus protégés sur les plages (port du chapeau et du t-shirt), les jeunes adultes rejettent souvent ces mesures. Cette vulnérabilité comportementale, couplée à une méconnaissance des effets à long terme, crée un risque latent pour les décennies à venir.
Pour aider les citoyens à monitorer leur exposition en temps réel, des outils numériques comme l’application UV Index Widget permettent de consulter quotidiennement le niveau de rayonnement solaire et d’ajuster les précautions en conséquence.
Note : Cet article présente des informations de prévention générale. Pour tout diagnostic ou conseil personnalisé, il est indispensable de consulter un dermatologue ou un professionnel de santé qualifié.
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