Publié le 10 novembre 2025 à 05h00. Le constructeur ferroviaire Talgo a obtenu un accord de refinancement de sa dette de 400 millions d’euros, permettant ainsi la finalisation de sa reprise par un consortium mené par Sidenor, avec le soutien des fondations basques BBK et Vital, ainsi que du fonds public Finkatuz.
- Un accord avec les banques pour refinancer une dette d’environ 400 millions d’euros a débloqué la situation.
- Le consortium dirigé par José Antonio Jainaga, président de Sidenor, prend le contrôle de 29,7% de Talgo.
- La Compagnie Espagnole de Sécurité des Crédits à l’Exportation (CESCE) garantit 50% de la nouvelle dette de Talgo, pour un montant total de 650 millions d’euros.
Après des mois de négociations, le destin de Talgo semble enfin scellé. La clé de la reprise du constructeur ferroviaire, confronté à de sérieuses difficultés financières, résidait dans la capacité à obtenir un accord de refinancement de sa dette, estimée à environ 400 millions d’euros. Cet accord, dont toutes les sources s’accordent à dire qu’il est désormais conclu, a permis la finalisation de l’acquisition par le consortium mené par José Antonio Jainaga, à la tête de Sidenor. Ce dernier est soutenu par les fondations basques BBK et Vital, ainsi que par le fonds public basque Finkatuz.
Grâce à ce déblocage, José Antonio Jainaga s’empare de 29,7% du capital de Talgo, racheté à son précédent actionnaire majoritaire, le fonds britannique Trilantic. Cette opération confirme le pré-accord signé le 14 février dernier et entériné en juillet au plus haut niveau, entre le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et le lehendakari (président du gouvernement basque), Imanol Pradales. Les deux dirigeants avaient également convenu de l’entrée de la Sepi (Société Espagnole de Participations Industrielles) au capital de Talgo, avec une participation d’un peu moins de 8%.
La pièce maîtresse de ce sauvetage financier a été la Compagnie Espagnole de Sécurité des Crédits à l’Exportation (CESCE). CESCE, qui est contrôlée à 50,25% par l’État espagnol, mais dans laquelle le Banco Santander, BBVA et Banco Sabadell (trois des banques impliquées dans l’opération) détiennent également des parts, va garantir 50% de la nouvelle dette du constructeur ferroviaire, basé jusqu’à présent à Madrid, en cas de défaut de paiement.
Concrètement, cet accord permet à Talgo d’obtenir un financement considérablement accru, presque triplé, et en grande partie garanti par l’État. Selon les informations divulguées par l’entreprise lors de sa dernière présentation des résultats semestriels, la CESCE couvrira la moitié des 650 millions d’euros que versera un groupe de banques à Talgo. Ce financement permettra d’étendre les délais de remboursement des 296 millions d’euros de dettes existantes. L’organisme garantira également la moitié des 500 millions d’euros d’aval que les banques accorderont pour participer à des appels d’offres pour la fabrication de matériel roulant. De plus, une ligne de crédit renouvelable de 120 millions d’euros, avec une échéance de trois ans et une extension automatique de deux ans, est également prévue. Au total, un financement de 1,270 milliard d’euros qui devrait permettre à Talgo de sous-traiter des usines afin de répondre rapidement à ses engagements de fabrication et de commencer à construire ou à adapter de nouvelles installations.
Sidenor a déclaré vendredi que l’approbation de la nouvelle structure de financement de l’entreprise était
« indispensable pour mener à bien le transfert définitif des actions et le début d’une nouvelle étape chez Talgo »
Sidenor, communiqué de presse. Cette approbation devra être ratifiée lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire des actionnaires, qui sera convoquée dans les semaines à venir, avec l’objectif de finaliser l’opération avant Noël. Quelques détails restent à régler avec certaines des institutions financières créancières, notamment la Banque Européenne d’Investissement, en plus de Santander, BBVA, CaixaBank, Sabadell, Kutxabank, Bankinter et Barclays.
Le sauvetage financier de Talgo par l’État, via la CESCE, s’accompagne d’une injection de 75 millions d’euros de la Sepi dans le cadre d’une augmentation de capital et d’une émission d’obligations convertibles. Ces étapes interviennent après que le gouvernement lui-même a failli porter un coup fatal aux comptes du constructeur ferroviaire. Fin de l’année dernière, Renfe, l’opérateur ferroviaire public, a décidé d’infliger une amende de 116 millions d’euros à l’entreprise basque pour les retards accumulés dans la fabrication et la livraison des trains S-106 (communément appelés Avril). Cette pénalité a dû être provisionnée par la société, qui a déclaré une perte de 107 millions d’euros pour l’exercice, des chiffres rouges qui se sont poursuivis au premier semestre, avec une perte de près de 66 millions d’euros, en raison d’un ajustement d’une commande de l’opérateur allemand Deutsche Bahn.
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