Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

La bataille des Ardennes

Une hernie peut sembler une petite contrariété, mais pour Anthony Guerra, elle est devenue un test de résilience et d'autonomie. Récemment opéré, il partage son expérience et une philosophie sur la manière d'aborder les défis de santé –…

La bataille des Ardennes

Une hernie peut sembler une petite contrariété, mais pour Anthony Guerra, elle est devenue un test de résilience et d’autonomie. Récemment opéré, il partage son expérience et une philosophie sur la manière d’aborder les défis de santé – et les besoins futurs en matière de soins – avec pragmatisme et dignité.

L’annonce fut laconique. « Oh oui, vous avez une hernie », a simplement déclaré sa femme, infirmière praticienne, après lui avoir montré une petite protubérance au-dessus de son nombril. Le diagnostic a été confirmé par son médecin traitant, puis par le chirurgien, qui semblait moins concerné que les deux précédents. Son ami, ayant déjà subi deux opérations pour une hernie, a résumé la situation avec humour : « Accroche-toi, ça va être une aventure ! »

L’opération, intervenue un vendredi, s’est avérée effectivement éprouvante. Guerra décrit la douleur postopératoire, liée à la nécessité de solliciter à nouveau les muscles abdominaux, sur une échelle de 1 à 10 : 8 ou 9 le jour même de l’intervention, 7 ou 8 le lendemain, puis une amélioration progressive à 4 ou 5 après deux jours, et enfin 2 ou 3 au bout de trois jours. « On commence mal, mais on s’améliore vite », résume-t-il.

Au-delà de la douleur physique, cette expérience a été perçue comme une opportunité de se tester. Guerra s’est fixé des objectifs clairs : ne pas se plaindre, ne demander à personne de faire ce qu’il pouvait faire lui-même, ne solliciter que l’essentiel, permettre à son entourage de reprendre son rythme normal et reprendre ses activités quotidiennes le plus tôt possible.

« Je m’attribuerais un A- », estime-t-il, même si sa femme a régulièrement raillé son stoïcisme avec des remarques telles que « Fort comme un taureau » chaque fois qu’il affirmait pouvoir gérer une tâche seul. Il est convaincu que cette approche aura des bénéfices à long terme, notamment à mesure qu’il vieillira.

Guerra observe que certaines personnes, dont on s’occupe, ont tendance à abuser de la gentillesse et de la disponibilité de leurs proches, sollicitant des services qu’elles pourraient théoriquement accomplir elles-mêmes. Il craint que cela ne mette inutilement à rude épreuve l’aidant. « Nous aurons tous besoin de soins et d’aide à un moment donné, et je crois que le moyen le plus sûr de garantir que cela vienne est de ne pas être pénible », affirme-t-il.

Selon lui, l’autonomie, et donc la capacité à faire le plus possible pour soi-même, est essentielle. Cela permet de solliciter l’aide de ses proches avec légitimité lorsque c’est réellement nécessaire, et d’encourager une attitude favorable à l’assistance. Il considère chaque défi, y compris une opération de hernie, comme une occasion de se prouver sa propre force et de se préparer aux épreuves futures. « Allez-y », lance-t-il, prêt à affronter les obstacles qui se présenteront.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.