La Banque centrale européenne a maintenu son principal taux directeur à 2,5 % le 29 octobre 2026, optant pour une pause unanime face au choc énergétique. Cette décision, intervenue à Francfort, a coïncidé avec l’annonce du départ anticipé de la présidente Christine Lagarde prévu pour le 7 février 2027.
La banque centrale maintient le taux de dépôt à 2,5 % face à l’énergie
Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé à l’unanimité de laisser l’ensemble de ses taux d’intérêt inchangés. Il confirme le taux de dépôt à 2,50% pour le taux de référence.
Cette pause tactique intervient après deux relèvements décidés au cours de l’année pour endiguer l’inflation. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’alimenter une hausse des prix de l’énergie qui pèse sur les perspectives économiques.
L’inflation dans la zone euro s’est établie à 3,8 % en septembre, contre 3,2 % en août, un niveau supérieur à l’objectif de l’institution. Le taux de dépôt reste établi à 2,50 %, tandis que les taux de refinancement principal et de facilité de prêt marginal s’élèvent respectivement à 2,65 % et 2,90 %.
Christine Lagarde annonce son départ anticipé en février 2027
La décision monétaire a été largement éclipsée par l’annonce faite dans la matinée par Christine Lagarde.

La présidente de l’institution a communiqué au Conseil des gouverneurs.
Le Conseil des gouverneurs est composé de 27 membres.
Son départ est effectif le 7 février 2027, soit environ neuf mois avant le terme officiel de son mandat de huit ans.
Je quitte cette institution avec le sentiment du travail accompli et celui d’une BCE prête pour l’avenir.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne
Ce départ devancé ouvre immédiatement une compétition politique pour désigner sa succession à la tête de la banque centrale de Francfort.
La BCE pourrait activer son instrument de protection
Les marchés s’interrogent. Ils se demandent quand l’institution de Francfort agira. Elle pourrait activer son Instrument de protection de la transmission.
Il s’agit d’un mécanisme créé en 2022 mais jamais utilisé jusqu’à présent, qui permettrait en théorie des achats massifs d’obligations d’État.

La BCE pourrait simplement arrêter de revendre les obligations françaises achetées dans les années 2010 lorsque l’inflation était faible, comme l’a évoqué Gilles Moëc, chef économiste d’AXA.
La trajectoire des taux d’intérêt incertaine pour la fin de l’année
Les marchés financiers anticipent majoritairement une nouvelle hausse d’un quart de point en décembre, au moment où le Conseil des gouverneurs disposera de ses nouvelles prévisions économiques actualisées. La BCE a réitéré qu’elle ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire spécifique, préférant conserver une marge de manœuvre face à la volatilité macroéconomique.
Quel successeur sera désigné pour remplacer Christine Lagarde d’ici le 7 février 2027 ?