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La Bundesbank met en garde contre une plus grande vulnérabilité et de brusques corrections de prix

Publié le 9 novembre 2025 à 10h09. La Bundesbank tire la sonnette d’alarme face aux vulnérabilités croissantes du système financier mondial, pointant du doigt les valorisations excessives des marchés et les tensions politiques aux États-Unis, et appelle les…

La Bundesbank met en garde contre une plus grande vulnérabilité et de brusques corrections de prix

Publié le 9 novembre 2025 à 10h09. La Bundesbank tire la sonnette d’alarme face aux vulnérabilités croissantes du système financier mondial, pointant du doigt les valorisations excessives des marchés et les tensions politiques aux États-Unis, et appelle les banques à renforcer leurs fonds propres.

  • La Bundesbank met en garde contre un risque de corrections brutales des prix sur les marchés financiers.
  • Les banques européennes sont particulièrement vulnérables aux chocs sur les marchés du dollar américain.
  • L’immobilier commercial reste un secteur de préoccupation, tandis que le marché résidentiel allemand montre des signes de stabilisation.

Francfort – La Bundesbank a identifié une accumulation de risques susceptibles de déstabiliser le système financier, tant en Europe qu’aux États-Unis, selon son rapport annuel sur la stabilité financière. L’institution appelle les banques à constituer des réserves de sécurité plus importantes pour faire face à d’éventuelles turbulences.

Lors de la présentation du rapport, Michael Theurer, membre du conseil d’administration de la Bundesbank, a souligné la vulnérabilité actuelle des marchés, caractérisés par des valorisations élevées des actions et des obligations d’entreprises. Une correction brutale des prix pourrait avoir des conséquences particulièrement graves pour les banques, les compagnies d’assurance et les autres acteurs du secteur financier.

Des nuages sombres sur les banques allemandes ? La Bundesbank met en garde contre les vulnérabilités accrues de la stabilité financière européenne. © IMAGO / Jan Eifert

La situation aux États-Unis est particulièrement préoccupante. L’impasse politique actuelle, avec un blocage du budget depuis environ quatre semaines, met les banques régionales sous pression et contribue à maintenir des valorisations élevées. Michael Theurer a ainsi plaidé pour que les grandes banques européennes constituent des coussins de sécurité financière plus importants. Ces fonds propres réglementaires, de catégorie 1, permettraient d’absorber les pertes liées à une baisse des prix ou à des défauts de paiement, et d’éviter un arrêt du crédit.

L’augmentation des rendements des obligations d’État américaines exerce également une pression sur les coûts de financement à l’échelle mondiale, affectant les États, les entreprises et les banques. La Bundesbank souligne que ce mécanisme de transmission pourrait amplifier les tensions sur les marchés.

Par ailleurs, les banques européennes sont particulièrement exposées aux perturbations sur les marchés du dollar américain. Selon les tests de stress menés par la Bundesbank, les établissements allemands présentent un déficit de liquidité d’environ 70 milliards de dollars dans un scénario de crise. Le ratio de Bâle III vise à garantir qu’une banque puisse résister à 30 jours de tensions sévères sur les marchés.

L’aura de l’Europe en tant que valeur refuge est également remise en question. Une éventuelle dégradation de la note de la France, en raison de son niveau d’endettement élevé, pourrait entraîner une augmentation des spreads obligataires et une baisse de la valeur des actifs détenus par les banques et les assureurs. Ce goulot d’étranglement identifié pourrait provoquer des ventes massives en période de stress et accentuer la pression sur les prix.

L’immobilier commercial reste un point noir, avec des calculs qui deviennent fragiles à mesure que les taux d’intérêt augmentent. Les bureaux, les hôtels et les surfaces commerciales perdent de la valeur, et le financement de nouveaux projets devient plus difficile. En revanche, la Bundesbank se montre plus optimiste quant à l’évolution du marché immobilier résidentiel allemand, estimant que les surévaluations des années précédentes devraient s’estomper en 2024, entraînant une lente reprise des prix et des transactions.

Enfin, l’impasse budgétaire aux États-Unis, avec un compromis qui échoue depuis quatre semaines entre les républicains et les démocrates au Sénat, contribue à accroître l’incertitude et à peser sur les marchés. (Sources : Bundesbank, dpa) (msw)

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.