Home NouvellesLa campagne de Kast est empêtrée dans une tournure autour des immigrés sans papiers et des avantages possibles pour les pédophiles

La campagne de Kast est empêtrée dans une tournure autour des immigrés sans papiers et des avantages possibles pour les pédophiles

by Nicolas Lefèvre

Publié le 5 décembre 2025 à 18h01. La campagne du candidat à la présidence José Antonio Kast est secouée par des revirements sur sa politique d’immigration et des déclarations controversées concernant d’éventuelles commutations de peine pour des criminels sexuels, suscitant de vives réactions de ses adversaires et de la classe politique.

  • José Antonio Kast a nuancé sa promesse d’expulsion des migrants en situation irrégulière, proposant désormais de les “inviter” à quitter le pays et suggérant que les employeurs pourraient prendre en charge les frais de rapatriement.
  • Des déclarations d’un membre de son parti, José Carlos Meza, sur la possibilité de gracier des criminels sexuels en fin de vie ont provoqué une onde de choc et un démenti rapide de la direction du Parti républicain.
  • Les critiques fusent de part et d’autre de l’échiquier politique, avec des accusations d’improvisation et de complaisance envers la criminalité.

La question de l’immigration continue de dominer le débat présidentiel chilien. Lors du débat organisé par l’Association des radiodiffuseurs du Chili (Archi), José Antonio Kast, chef du Parti républicain, a assoupli sa position initiale sur l’expulsion des étrangers en situation irrégulière. Il a désormais déclaré qu’il les “inviterait” à quitter le pays, proposant même que les employeurs puissent financer leur voyage de retour.

Cette volte-face n’a pas tardé à susciter des réactions. Jeannette Jara, candidate du parti au pouvoir et des Démocrates-Chrétiens, a dénoncé une

« certaine improvisation sur un sujet trop sérieux. »

Jeannette Jara, candidate

Elle a également souligné l’incohérence de la proposition de Kast, s’interrogeant sur la faisabilité de faire supporter aux employeurs le coût du rapatriement.

Le ministre de l’Intérieur, Álvaro Elizalde, s’est également joint aux critiques, estimant qu’une

« histoire s’est construite selon laquelle il y a des pressions pour quitter le pays en raison de la situation politique et électorale qui n’est pas efficace. »

Álvaro Elizalde, ministre de l’Intérieur

Il a souligné que les données officielles du PDI (Police des Investigations) contredisent l’idée d’un exode massif de migrants.

Malgré ces chiffres, Arturo Squella, président du Parti républicain, a maintenu qu’il observe une augmentation des départs de migrants par la frontière nord, attribuant ce phénomène à la perspective d’une victoire de José Antonio Kast. Il a affirmé que

« ce qui se passe à la frontière nord répond à la détermination avec laquelle José Antonio Kast a parlé des migrants illégaux. »

Arturo Squella, président du Parti républicain

et a réitéré que, s’il était élu, le Chili ne serait plus une destination attrayante pour les migrants en situation irrégulière.

Commutation controversée des peines pour les criminels sexuels

Parallèlement, une nouvelle controverse a éclaté dans la course à la présidence. José Carlos Meza, député et vice-président du Parti républicain, a déclaré sur CNN Chili qu’il serait favorable à l’examen de la possibilité de gracier des personnes condamnées, y compris pour des crimes graves comme les crimes contre les droits de l’homme, en se basant sur des critères humanitaires liés à l’âge et à l’état de santé. Il a même évoqué la possibilité d’inclure des violeurs d’enfants et de filles.

Selon lui, l’objectif serait de permettre à ces condamnés de passer leurs derniers jours chez eux, entourés de leurs familles. Il a précisé qu’il ne s’agirait pas d’une “amnistie pour les crimes les plus horribles”, mais d’une manifestation de “l’humanité de la société”.

Ces déclarations ont provoqué une condamnation immédiate. Daniel Manouchehri, député socialiste, a accusé Meza de révéler le véritable plan de Kast :

« libérer les violeurs d’enfants, les meurtriers libres, les trafiquants de drogue libres uniquement pour l’année de leur naissance. »

Daniel Manouchehri, député socialiste

Face à la polémique, Ruth Hurtado, secrétaire générale du Parti républicain, a rapidement pris ses distances avec les propos de Meza, affirmant sur CNN Chili que

« Nous n’allons pas faire ça. Peu importe ce qu’un représentant de mon parti a dit, ce n’est pas la position du Parti républicain. »

Ruth Hurtado, secrétaire générale du Parti républicain

Elle a insisté sur le fait qu’elle ne pardonnerait jamais aux agresseurs d’enfants, les jugeant irréhabilitables.

Jeannette Jara a également saisi l’occasion pour se démarquer de José Antonio Kast, affirmant que, sous sa présidence, il n’y aurait aucune grâce pour les violeurs, les agresseurs d’enfants ou les violateurs des droits de l’homme.


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