Publié le 13 novembre 2025 à 08h10. Malgré des températures douces pour la saison, les moustiques sont de retour et piquent certaines personnes plus que d’autres. Des chercheurs ont identifié un facteur inattendu qui pourrait expliquer cette vulnérabilité.
- Les températures exceptionnellement douces de novembre, liées à l’arrivée d’air saharien, favorisent l’activité des moustiques.
- Au-delà du groupe sanguin et de l’odeur corporelle, une infection virale peut rendre une personne plus attractive pour les moustiques.
- Les moustiques détectent le CO2 que nous expirons, et certaines personnes en produisent davantage, les rendant plus visibles.
Alors que l’Allemagne connaît des températures printanières en plein mois de novembre, avec des valeurs dépassant parfois les 20 degrés Celsius, les moustiques refont surface. Cette situation inhabituelle, due à l’arrivée de masses d’air chaud en provenance du Sahara, permet aux insectes de reprendre leur cycle de vie, même en cette période de l’année. Mais pourquoi certaines personnes sont-elles plus souvent la cible de ces piqûres que d’autres ?
L’expert en moustiques Pie Müller, de l’Institut suisse de santé publique et tropicale, explique que quelques jours de températures clémentes suffisent à réveiller les femelles hibernantes et à les inciter à rechercher du sang frais. Il précise que ce phénomène est d’autant plus marqué après des étés pluvieux. Normalement, les moustiques mâles meurent avec le froid, tandis que les femelles se mettent à l’abri pour passer l’hiver, tout comme leurs œufs et leurs larves. Une hausse des températures peut réactiver ces populations.

Mais au-delà de ces facteurs environnementaux, des recherches récentes mettent en lumière des éléments plus surprenants. Certaines personnes semblent littéralement attirer les moustiques, tandis que d’autres restent épargnées. Qu’est-ce qui explique cette différence ?
Les scientifiques ont identifié plusieurs éléments qui rendent certaines personnes plus vulnérables. Le dioxyde de carbone (CO2) que nous expirons est un signal d’attraction majeur pour les moustiques, qui peuvent le détecter à plus de 50 mètres. Les personnes de grande taille, enceintes ou pratiquant une activité physique intense produisent davantage de CO2 et sont donc plus susceptibles d’être repérées. Le groupe sanguin joue également un rôle : les personnes de groupe 0 sont particulièrement appréciées des moustiques, qui les piquent environ deux fois plus souvent que celles de groupe A, en raison de signaux chimiques présents sur la peau. L’odeur corporelle, la température et même la couleur des vêtements peuvent également influencer l’attraction.
Une étude menée par l’Université Tsinghua de Pékin a révélé un facteur encore plus inattendu : les infections virales. Les chercheurs ont découvert que les personnes infectées par des virus tels que la dengue ou Zika produisent davantage d’acétophénone, une substance naturellement présente dans les bananes, les pommes et le fromage, qui attire particulièrement les moustiques.
« Au début de cette étude, nous avons constaté que les moustiques préféraient visiter et se nourrir sur des souris infectées par la dengue et le Zika »,
Gong Cheng, responsable de l’étude (MDR)
Selon les chercheurs, les virus manipulent la flore cutanée en supprimant une protéine appelée RELM, ce qui permet aux bactéries productrices d’acétophénone de se multiplier sans entrave. D’un point de vue évolutif, cette stratégie est avantageuse pour les virus, car elle facilite leur transmission entre les humains.
L’équipe de recherche a toutefois identifié une piste pour atténuer cet effet : en ajoutant de l’isotrétinoïne, un médicament utilisé contre l’acné, à l’alimentation des souris infectées, la production de RELM a pu être rétablie. Cependant, les experts soulignent la nécessité de mener des recherches supplémentaires avant de pouvoir proposer des traitements sûrs et efficaces pour les humains. (Sources : MDR ; Cell Press ; Neue Zürcher Zeitung ; recherches propres) (jade)
