Home MondeLa Chine et la Corée du Sud s’engagent à renforcer leurs relations alors que les tensions régionales s’accentuent

La Chine et la Corée du Sud s’engagent à renforcer leurs relations alors que les tensions régionales s’accentuent

by Clara Dubois

Publié le 6 janvier 2024 à 03h30. Malgré une escalade des tensions régionales liées aux essais de missiles nord-coréens, la Chine et la Corée du Sud ont réaffirmé lundi leur engagement à renforcer les liens commerciaux et à œuvrer pour la stabilité en Asie de l’Est, lors d’une visite d’État à Pékin.

  • Le président sud-coréen Lee Jae Myung et son homologue chinois Xi Jinping ont souligné l’importance de la coopération pour maintenir la paix et favoriser le développement mondial.
  • Les deux pays ont signé une série d’accords de coopération dans des domaines clés tels que la technologie, le commerce et l’environnement.
  • Cette visite intervient dans un contexte de tensions croissantes en mer de Chine orientale et suite à de récents essais de missiles balistiques par la Corée du Nord.

La rencontre au sommet entre Xi Jinping et Lee Jae Myung, qui se déroule pendant une visite de quatre jours en Chine – la première du président sud-coréen depuis son investiture en juin – a été marquée par un appel commun à la désescalade et à la reprise du dialogue dans la péninsule coréenne. Selon la chaîne CCTV, le président chinois a insisté sur les « responsabilités importantes » de Pékin et de Séoul dans le maintien de la paix régionale et la promotion du développement mondial.

Lee Jae Myung a quant à lui évoqué l’ouverture d’un « nouveau chapitre » dans les relations sino-sud-coréennes, soulignant la nécessité d’une collaboration accrue dans une « période de changement ».

« Les deux pays devraient apporter des contributions communes pour promouvoir la paix, qui est le fondement de la prospérité et de la croissance »

Lee Jae Myung, président sud-coréen

Cette visite s’inscrit dans une démarche de la Chine visant à renforcer son influence régionale, notamment face aux tensions persistantes avec le Japon. Les relations entre Pékin et Séoul ont connu des fluctuations ces dernières années, en raison des choix stratégiques des précédents gouvernements sud-coréens, privilégiant les alliances avec les États-Unis et le Japon, et de l’installation d’un système de défense antimissile américain sur le territoire sud-coréen. Lee Jae Myung, issu d’une ligne plus libérale, s’est engagé à améliorer les relations avec Pékin, tout en maintenant des liens solides avec Washington et Tokyo.

Quelques heures avant l’arrivée du président Lee en Chine, la Corée du Nord a procédé à plusieurs tirs de missiles balistiques en mer, dont des missiles hypersoniques conçus pour atteindre des vitesses supérieures à cinq fois celle du son. Les experts internationaux expriment des doutes quant à la réelle capacité opérationnelle de Pyongyang en matière d’armes hypersoniques.

Lors d’un point de presse, Wi Sung-lac, conseiller à la sécurité nationale de la Corée du Sud, a indiqué que les deux pays ont convenu de poursuivre leurs efforts pour apaiser les tensions sur la péninsule coréenne et ont réaffirmé l’engagement de la Chine à jouer un « rôle constructif » dans la recherche de solutions pacifiques. La Chine, allié majeur de la Corée du Nord, lui apporte un soutien économique crucial et a régulièrement bloqué, avec la Russie, les tentatives de l’ONU visant à renforcer les sanctions contre Pyongyang.

La Corée du Nord a également critiqué une opération américaine au Venezuela, qualifiant la destitution du président Nicolas Maduro d’une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et dénonçant la « nature brutale et voyou » des États-Unis. La Chine a également condamné cette intervention, estimant qu’elle contrevient au droit international et menace la paix en Amérique latine.

La visite de Lee Jae Myung coïncide également avec une période de tensions accrues entre la Chine et le Japon, suite aux récentes déclarations du nouveau dirigeant japonais évoquant la possibilité d’une intervention de Tokyo en cas d’attaque chinoise contre Taïwan, l’île démocratique revendiquée par Pékin. La semaine dernière, la Chine a organisé des exercices militaires de grande envergure autour de Taïwan, en guise d’avertissement contre les mouvements séparatistes et les « ingérences extérieures ».

Lors de leur entretien, Xi Jinping a rappelé le passé conflictuel entre la Chine et la Corée du Sud face au Japon, appelant les deux pays à « s’unir pour défendre les fruits de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et sauvegarder la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est ». Lee Jae Myung a affirmé que la coopération militaire de la Corée du Sud avec les États-Unis ne devrait pas entraîner une détérioration des relations avec la Chine, et a exprimé son souhait de « minimiser ou éliminer les malentendus ou contradictions du passé » afin de « porter les relations entre la Corée du Sud et la Chine à un nouveau stade ».

Les échanges commerciaux entre la Chine et la Corée du Sud sont déjà importants, atteignant environ 273 milliards de dollars en 2023. Lors de leur sommet, Xi Jinping et Lee Jae Myung ont supervisé la signature de 15 accords de coopération dans des domaines variés tels que la technologie, le commerce, les transports et la protection de l’environnement, selon CCTV. Plus tôt dans la journée, Lee Jae Myung avait participé à un forum d’affaires à Pékin, en présence de représentants de grandes entreprises sud-coréennes et chinoises, dont Samsung, Hyundai, LG et Alibaba Group, où de nouveaux accords ont également été conclus dans les secteurs de la consommation, de l’agriculture, de la biotechnologie et du divertissement.

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Hyung-jin Kim a contribué à ce reportage depuis Séoul, en Corée du Sud.

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