Des manifestations inédites ont éclaté dans plusieurs villes de Chine, alimentées par la colère face aux restrictions sanitaires draconiennes et un sentiment de frustration croissant après un incendie meurtrier dans la région du Xinjiang. Ces rassemblements, rares dans un pays où le contrôle social est fort, expriment un mécontentement populaire face à la politique « zéro Covid ».
L’incendie, qui a fait au moins 10 morts, s’est produit dans un immeuble d’Urumqi, au Xinjiang. Les critiques affirment que les mesures de confinement en place, notamment la fermeture des portes des bâtiments, ont entravé les efforts de secours et contribué au bilan tragique. Cet événement a agi comme un catalyseur, intensifiant les protestations qui couvaient depuis plusieurs semaines.
Dimanche, des manifestations se sont déroulées dans des métropoles comme Shanghai, où des participants ont exprimé leur opposition au Parti communiste chinois et ont réclamé la démission du président Xi Jinping. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants scandant à plusieurs reprises : « Le Parti communiste, démission ! Xi Jinping, descendez ! »
Pour contourner la censure, certains manifestants ont brandi des feuilles de papier blanc, symbole de leur incapacité à exprimer librement leurs opinions. Ce geste silencieux, mais puissant, illustre la frustration face aux restrictions à la liberté d’expression en Chine. Les protestations, bien que dispersées, témoignent d’un mécontentement croissant face aux confinements répétés, aux tests PCR massifs et aux quarantaines obligatoires qui perturbent la vie quotidienne de millions de personnes.
À ce stade, la réponse du gouvernement central reste mesurée. Les autorités n’ont pas encore fait de déclaration officielle concernant les manifestations, mais ont renforcé la surveillance et la présence policière dans les zones concernées. L’évolution de la situation est suivie de près par la communauté internationale.