Home NouvellesLa coalition civile poursuit la Cour constitutionnelle et fait rapport à l’ONU si le nouveau code de procédure pénale est mis en œuvre

La coalition civile poursuit la Cour constitutionnelle et fait rapport à l’ONU si le nouveau code de procédure pénale est mis en œuvre

by Nicolas Lefèvre

Publié le 22 novembre 2025. Une coalition d’organisations de la société civile indonésienne s’apprête à contester la nouvelle loi sur le Code de procédure pénale devant la Cour constitutionnelle et à saisir les Nations Unies, craignant des atteintes aux droits fondamentaux et des dérives possibles.

  • La Coalition de la société civile pour la réforme du Code de procédure pénale envisage de porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle.
  • Elle prévoit également de signaler ses préoccupations au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) de l’ONU.
  • La coalition espère inciter le président Prabowo Subianto à annuler ou à réviser les articles jugés problématiques de la loi.

La Fondation indonésienne d’aide juridique (YLBHI), membre de la coalition, a annoncé son intention d’agir si le président Prabowo Subianto ne prenait pas de mesures pour corriger les défauts de la nouvelle loi sur le Code de procédure pénale. Muhammad Isnur, directeur de l’YLBHI, a confirmé cette démarche lors d’une conférence de presse à Jakarta, samedi.

Actuellement, la coalition concentre ses efforts sur la pression exercée sur le président Subianto afin qu’il promulgue un décret gouvernemental remplaçant la loi (Perpu) et suspende ainsi son application. Selon Isnur, si un tel décret était émis, la coalition reconsidérerait sa décision de saisir les instances internationales.

La coalition prépare également un recours devant la Cour constitutionnelle si la loi est maintenue en vigueur. « Oui, oui », a confirmé Isnur, en réponse à une question sur cette possibilité.

Les inquiétudes de la coalition portent notamment sur le risque que la nouvelle loi compromette les programmes de lutte contre la drogue et les efforts de protection des forêts. Elle redoute également un ciblage des défenseurs des droits humains et un élargissement des pouvoirs des forces de l’ordre, leur permettant d’agir sans mandat dans certaines situations d’urgence.

La nouvelle loi permettrait également aux enquêteurs, aux procureurs et aux juges de geler les comptes bancaires et les avoirs numériques pendant les enquêtes.

Maidina Rahmawati, directrice adjointe et chercheuse à l’Institut pour la réforme de la justice pénale (ICJR), a souligné que la coalition avait identifié jusqu’à présent 48 problèmes dans le texte de la loi, notamment des références incorrectes à des articles. Elle a également mis en évidence un décalage entre la ratification et la mise en œuvre de la loi, malgré ses nombreux défauts.

Le Parlement indonésien (DPR) a adopté la nouvelle loi cette semaine. Son entrée en vigueur est prévue pour début janvier 2026.

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