Home MondeLa comédie sur le passage à l’âge adulte “Je dois baiser” débarque au marché de Tokyo

La comédie sur le passage à l’âge adulte “Je dois baiser” débarque au marché de Tokyo

by Clara Dubois

Publié le 30 octobre 2024 10h41. Le premier long métrage d’Andrea Benjamin Manenti, une comédie interculturelle explorant le passage à l’âge adulte entre l’Italie et les Philippines, cherche à boucler son financement au Marché de financement du déficit de Tokyo. Le film promet une approche originale de thèmes universels, mêlant action réelle et animation.

  • Le projet, intitulé « Je dois baiser avant la fin du monde », est une coproduction internationale impliquant des sociétés italiennes et philippines.
  • L’histoire suit Ren, un adolescent philippino-italien confronté à l’amour possessif de sa mère et à la découverte de son indépendance pendant une veillée funéraire philippine.
  • Le réalisateur Andrea Benjamin Manenti souhaite créer un film à la fois tendre et audacieux, reflétant les expériences des jeunes issus de familles multiculturelles.

Le film « Je dois baiser avant la fin du monde » est actuellement à la recherche de partenaires financiers et de coproducteurs au Marché de financement du déficit de Tokyo. Ce projet ambitieux, qui se déroule à Manille et en Italie, explore les complexités de l’adolescence, de la famille et de l’identité culturelle.

L’intrigue suit Ren, un jeune homme de 16 ans, tiraillé entre ses racines italiennes et philippines, et étouffé par l’affection omniprésente de sa mère, Mia. Alors qu’un typhon menace Manille et que la grand-mère de Mia est sur le point de mourir, Ren se rend aux Philippines avec sa mère. C’est là qu’il rencontre Jolina, la baby-sitter de ses cousins, et que sa cousine Monique l’initie aux mystères de l’amour. Face à l’imminence du typhon Edith et aux tensions familiales, Ren doit trouver le courage de s’affirmer et de revendiquer son indépendance.

Andrea Benjamin Manenti décrit son film comme un mélange unique d’action réelle et d’animation, revisitant les thèmes classiques de la perte de l’innocence dans un contexte culturel rarement exploré au cinéma italien : la veillée funéraire philippine. Il ambitionne de créer une œuvre hybride et interculturelle qui résonne avec les publics de deuxième et troisième génération, pris entre deux mondes.

« Je vise un film à la fois tendre et punk : un portrait des tentatives maladroites et merveilleuses de connexion avec les autres ; un cinéma hybride et interculturel qui s’adresse aux publics de deuxième et troisième générations pris entre deux mondes lointains »

Andrea Benjamin Manenti

Le projet est structuré comme une coproduction impliquant quatre pays, avec déjà l’implication de la société italienne Volos Films et de la société philippine Epicmedia. Stefano Centini, producteur chez Volos Films Italia, souligne l’importance du TIFFCOM dans la promotion des collaborations entre l’Italie et l’Asie, notamment depuis la signature d’un traité de coproduction entre l’Italie et le Japon.

« Depuis la signature du traité de coproduction entre l’Italie et le Japon, nous pensons qu’il existe de nombreuses autres opportunités de collaboration entre l’Italie et l’Asie, et le TIFFCOM a joué un rôle déterminant dans la promotion de ces partenariats, il est donc tout à fait logique que nous soyons ici à ce stade »

Stefano Centini, Volos Films Italia

Le projet a récemment reçu le Development Award for Outstanding Film Project au MIA Rome, où il a été présenté pour la première fois. Le scénario est le fruit d’une collaboration entre Andrea Benjamin Manenti, Rossella Inglese et Antonio La Camera. Carlo Francisco Manatad, un monteur et réalisateur philippin dont le travail est particulièrement apprécié par Stefano Centini, est également associé au projet.

Le film est né du deuil d’Andrea Benjamin Manenti après la perte de sa mère, Edith. Il explique avoir traversé une sorte de “fin du monde” personnelle et avoir trouvé dans l’écriture une manière d’explorer ses émotions et de rendre hommage à sa mère, à sa famille et à leurs relations complexes.

« J’ai traversé une ‘fin du monde’ privée à laquelle il fallait faire face. Peut-être que le seul moyen que j’ai trouvé pour la traverser était d’écrire une histoire à l’intérieur de celle-ci : une comédie sur le dévouement morbide de ma mère à mon égard, sur les familles dysfonctionnelles et sur ces tentatives maladroites mais merveilleuses pour reconstruire des relations »

Andrea Benjamin Manenti

Le projet a bénéficié du soutien du InProgress Lab de Milano Film Network en 2023, où Andrea Benjamin Manenti a rencontré Carlo Hintermann, qui est devenu son directeur créatif et producteur. C’est Hintermann qui a ensuite invité Stefano Centini et Serena Alfieri de Volos Films à rejoindre l’équipe. Manenti souligne la force de cette collaboration, basée sur une culture du soin et un processus créatif collectif tout en restant profondément personnel.

Stefano Centini se réjouit de l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes italiens, qu’il décrit comme énergique et créative. Il souligne également l’importance du partenariat avec Epicmedia, le coproducteur philippin, qui partage les mêmes valeurs de collaboration.

Andrea Benjamin Manenti met en avant l’esprit de collaboration qui anime sa génération de cinéastes, caractérisé par le partage, le respect mutuel et l’absence de compétition toxique. Il estime que cet écosystème collaboratif sera un atout majeur pour l’avenir du cinéma italien.

L’équipe espère boucler le financement du film en 2026 et lancer la production en 2027, avec notamment un voyage de recherche aux Philippines et le casting du rôle principal prévu pour l’année prochaine.

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