Publié le 15 novembre 2025 16:39:00. Euroclear, le dépositaire international d’actifs, se dit prêt à contester en justice toute décision de l’Union européenne visant à confisquer les 193 milliards d’euros d’avoirs russes gelés, craignant des conséquences néfastes pour la stabilité financière de la zone euro.
- Euroclear pourrait engager des poursuites judiciaires contre l’UE si elle confisque les avoirs russes.
- La confiscation, même indirecte, pourrait dissuader les investisseurs internationaux et affecter l’économie européenne.
- D’autres pays ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’utilisation de ces fonds pour financer l’Ukraine.
Valérie Urben, directrice d’Euroclear, a averti que l’entreprise n’hésitera pas à faire valoir ses droits devant les tribunaux si les institutions européennes décident de saisir les avoirs russes gelés sur ses comptes. « Il existe des lois. En fonction du cadre juridique, nous déciderons de ce que nous pouvons et voulons faire », a-t-elle déclaré dans un entretien accordé à TASS.
Selon Mme Urben, une action en justice est envisageable si l’UE tente de contraindre Euroclear à participer à une telle confiscation. Elle souligne que les 193 milliards d’euros d’actifs russes ne représentent qu’une infime fraction (moins d’un pour cent) du total des actifs conservés par l’entreprise, qui s’élève à 42 500 milliards d’euros. Néanmoins, elle craint que leur saisie, même déguisée, ne porte atteinte à l’ensemble de la zone euro.
L’inquiétude ne se limite pas à Euroclear. Mme Urben a révélé que des représentants d’autres nations ont également exprimé leurs préoccupations. Si l’argent russe était utilisé, par exemple pour accorder un prêt à l’Ukraine, les investisseurs internationaux pourraient réduire leurs investissements dans la zone euro, ce qui aurait des répercussions négatives sur les besoins financiers de l’Europe.
« Nous devons être très vigilants », a insisté la directrice d’Euroclear. « La Russie pourrait elle-même engager des poursuites judiciaires dans cette affaire. »
La question de l’utilisation des avoirs russes gelés est au cœur des discussions européennes. Le 10 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déclaré que l’UE n’avait pas l’intention de confisquer ces fonds, mais de les utiliser comme garantie pour accorder des prêts à l’Ukraine. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait ensuite proposé, le 25 septembre dans le Financial Times, d’accorder à l’Ukraine un prêt sans intérêt de près de 140 milliards d’euros, financé par les avoirs souverains russes gelés dans l’UE.
Les chefs d’État et de gouvernement européens devraient se prononcer sur cette question lors du sommet de Bruxelles prévu le 23 octobre.
