Publié le 5 décembre 2025 à 11h21. L’ancien talonneur international français Ben Kayser revient sur ses débuts au rugby, son parcours semé d’embûches en Coupe d’Europe et les figures qui l’ont marqué, de Christophe Dominici à Fabien Galthié.
Ben Kayser, fort d’une carrière couronnée de succès avec le Stade Français, les Leicester Tigers et Clermont, se souvient d’un premier contact avec le rugby surprenant. C’est à Hong Kong, en 1995, alors qu’il était ramasseur de balles lors du Hong Kong Sevens, qu’il a découvert la passion du ballon ovale. Il évoque avec nostalgie la présence des légendes néo-zélandaises de l’époque, les All Blacks, avec Jonah Lomu, Eric Rush et Christian Cullen, ainsi que les joueurs français Olivier Magne et Philippe Bernat-Salles. « Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais de la chance à l’époque », confie-t-il.
Son premier club, à l’âge de 11 ans, fut également à Hong Kong, avant un déménagement familial à Shanghai puis à Pékin. C’est à son retour à Paris, sur les conseils d’un ami, qu’il a rejoint le Stade Français, club qui deviendra son point d’ancrage. Il y a fait ses premiers pas du rugby amateur au professionnalisme.
L’ailier français Christophe Dominici a été une source d’inspiration majeure pour le jeune Kayser. Il se souvient avec émotion de la demi-finale de la Coupe du monde 1999 contre la Nouvelle-Zélande, un match qui a marqué toute une génération. « Il y avait un petit humain appelé Christophe Dominici qui courait partout et faisait des ravages. Il m’a semblé être quelqu’un d’un courage inébranlable », explique-t-il. Il admire son courage, sa résilience et son dynamisme, des qualités qui l’ont inspiré et qu’il a pu observer de près en jouant à ses côtés plus tard dans sa carrière. Il cite également Sylvain Marconnet, Pieter de Villiers et Rodrigo Roncero comme des mentors.
Ses débuts avec le Stade Français en Top 14 restent gravés dans sa mémoire, bien que marqués par un départ difficile. Remplaçant à Béziers, il se souvient d’une première mêlée manquée, d’un ballon perdu sur sa première course et d’une passe en avant maladroite. « Fabien Galthié, qui était entraîneur à l’époque, m’a dit : « Je t’aime vraiment mais je ne peux pas te jouer si tu joues comme ça ! » », se souvient-il avec un sourire. Mais il a rapidement redressé la barre, inscrivant un triplé en une mi-temps contre Montpellier lors de son retour en Top 14.
Son premier match européen, à Cardiff, dans le vieux Arms Park, est également un souvenir marquant. Il évoque l’essai spectaculaire de Julien Arias, qui a parcouru 70 mètres en éliminant six adversaires. Cependant, la Coupe d’Europe est restée une compétition frustrante pour Kayser, avec cinq finales perdues, dont une dès sa première saison contre Toulouse en 2005, après prolongation. « La Coupe des Champions est devenu mon ennemi », lâche-t-il.
Enfin, il se souvient d’un match de France au Stade de France en 2021, où l’ambiance et le jeu de Romain Ntamack l’ont particulièrement impressionné. « Le match de 2021 où Romain Ntamack s’est échappé de sa propre ligne d’essai contre les All Blacks m’a laissé bouche bée », témoigne-t-il.
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