Home AffairesLa Cour d’appel clarifie les pouvoirs de transfert des prisonniers

La Cour d’appel clarifie les pouvoirs de transfert des prisonniers

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025. La Haute Cour de Nouvelle-Zélande a autorisé un appel concernant une décision de transfert massif de détenues, ouvrant la voie à un examen judiciaire plus approfondi des pratiques du ministère des Corrections face aux pénuries de personnel. Cette décision pourrait avoir des implications significatives sur la manière dont les transferts systémiques de prisonniers sont gérés à l’avenir.

  • La Haute Cour a donné son feu vert à un appel contre une décision du ministère des Corrections concernant le transfert de toutes les femmes condamnées de la prison d’Arohata à Wellington vers d’autres établissements pénitentiaires.
  • Ces transferts avaient pour objectif de libérer du personnel pénitentiaire à Arohata et de le redéployer là où il était le plus nécessaire.
  • L’appel porte sur la légalité de ces transferts systémiques, basés sur des considérations de gestion des ressources plutôt que sur des circonstances individuelles.

Le ministère des Corrections était confronté à une pénurie croissante de personnel dans ses prisons. En 2022, pour pallier ce problème, le directeur général a émis une directive ordonnant le transfert de toutes les femmes condamnées (à l’exclusion des femmes en détention provisoire) de la prison d’Arohata à Wellington vers la prison pour femmes de Christchurch ou l’établissement régional pour femmes d’Auckland, sauf si elles étaient sur le point d’être libérées. Cette opération, qualifiée de « rééquilibrage du réseau », visait à libérer le personnel d’Arohata pour le redéployer dans d’autres établissements.

Le pouvoir de transférer les détenus est ancré dans la loi sur les services correctionnels de 2004, plus précisément à l’article 53. L’article 54 de cette loi énumère les motifs autorisant un transfert, qui se divisent en trois catégories : des raisons liées à la situation personnelle du détenu, des raisons de conformité légale et des raisons systémiques. Dans le cas présent, les transferts en question relevaient de la catégorie des transferts systémiques.

La décision de la Haute Cour autorisant l’appel est notable car elle accepte d’examiner une contestation sur le fond, malgré le fait que la décision de transfert ait été prise au niveau administratif. Le tribunal a estimé que des « circonstances exceptionnelles » justifiaient cet examen. L’affaire PDG du ministère des Corrections contre Jones [2025] NZCA 457 pourrait donc établir un précédent important concernant les limites du pouvoir discrétionnaire du ministère des Corrections en matière de transferts de détenus et les droits des détenues à contester ces décisions.

You may also like

Leave a Comment