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La cuisine italienne et ses rituels sont classés patrimoine mondial par l’ONU :: WRAL.com

by Clara Dubois

Publié le 13 décembre 2023 16:22:00. La cuisine italienne, bien plus qu’un simple ensemble de recettes, est désormais reconnue par l’UNESCO comme un patrimoine culturel immatériel mondial, célébrant les traditions et les rituels qui l’entourent.

  • L’UNESCO a inscrit la cuisine italienne à sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
  • Cette reconnaissance met en valeur l’importance des traditions culinaires et des repas partagés dans la culture italienne.
  • L’Italie compte déjà treize autres éléments inscrits sur cette liste prestigieuse.

Rome – La gastronomie italienne, célèbre dans le monde entier pour la fraîcheur de ses ingrédients et la richesse de ses saveurs, a reçu un honneur prestigieux. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a inscrit mercredi les traditions culinaires italiennes au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette distinction vient s’ajouter à la liste déjà bien fournie des sites italiens classés au patrimoine mondial, tels que le Colisée et les vestiges de Pompéi.

La décision de l’UNESCO ne se concentre pas sur des plats, des recettes ou des spécialités régionales spécifiques, mais souligne plutôt la valeur culturelle que les Italiens accordent aux rituels liés à la cuisine et au repas. Il s’agit des déjeuners familiaux du dimanche, de la transmission des savoir-faire culinaires de génération en génération – comme l’apprentissage du pliage des tortellinis par les grands-mères – ou simplement du plaisir de se réunir autour d’une table pour partager un repas.

« La cuisine est un geste d’amour, une manière de dire quelque chose sur nous-mêmes aux autres et sur la façon dont nous prenons soin d’eux »,

Pier Luigi Petrillo, membre de la campagne italienne pour l’UNESCO et professeur de droit comparé à l’Université La Sapienza de Rome

Petrillo souligne également l’importance de la tradition italienne de prendre le temps de savourer les repas : « Cette tradition de s’attarder à table, de prendre un peu plus de temps au déjeuner, encore plus au dîner, et encore davantage lors des grandes occasions, n’est pas si répandue dans le monde. »

La Première ministre Giorgia Meloni s’est félicitée de cette reconnaissance, la considérant comme un hommage aux Italiens et à leur identité nationale. « Pour nous, Italiens, la cuisine n’est pas seulement de la nourriture ou un ensemble de recettes. C’est bien plus : c’est la culture, la tradition, le travail, la richesse », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

L’Italie n’est pas le seul pays dont la cuisine a été reconnue par l’UNESCO. En 2010, le « repas gastronomique des Français » a été inscrit au patrimoine immatériel mondial, soulignant l’importance de la gastronomie dans les célébrations françaises. D’autres traditions culinaires ont également été honorées, comme la « culture du cidre » des Asturies en Espagne, le Ceebu Jen du Sénégal, ou encore les méthodes traditionnelles de fabrication du fromage dans le Minas Gerais au Brésil.

L’UNESCO examine chaque année de nouvelles candidatures pour ses différentes listes de « patrimoine immatériel », qui se déclinent en trois catégories : une liste représentative, une liste des pratiques nécessitant une sauvegarde urgente, et une liste des bonnes pratiques de sauvegarde. Lors de la réunion de cette année à New Delhi, 53 candidatures ont été examinées pour la liste représentative, qui en comptait déjà 788. Parmi les autres nominés figuraient le yodel suisse, les saris Tangail du Bangladesh et les cirques familiaux chiliens.

La candidature italienne a mis en avant la « durabilité et la diversité bioculturelle » de son alimentation, soulignant l’importance des produits de saison, des ingrédients frais et de la réduction du gaspillage. Elle a également mis en valeur la richesse des traditions culinaires régionales et les influences des différentes cultures qui ont contribué à façonner la cuisine italienne.

« Pour moi, la cuisine italienne est la meilleure, la plus raffinée. Numéro un. Rien ne s’en approche »,

Francesco Lenzi, fabricant de pâtes au restaurant Osteria da Fortunata à Rome

Lenzi attribue sa passion à sa grand-mère, qu’il décrit comme « la reine de cette grande maison au bord de la mer » à Camogli, un village de la côte ligure. « Je me souviens qu’elle préparait des raviolis le dimanche avec un rouleau à pâtisserie. Cela m’est resté gravé pendant de nombreuses années », confie-t-il dans la cuisine de son restaurant.

Mirella Pozzoli, une touriste originaire de Lombardie, visitant le Panthéon de Rome, témoigne de l’importance du repas partagé dans la culture italienne : « S’asseoir à table en famille ou entre amis est quelque chose que nous, Italiens, chérissons profondément. C’est une tradition de convivialité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde. »

L’Italie peut déjà se targuer de treize autres éléments inscrits sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, notamment le théâtre de marionnettes sicilien, l’artisanat du violon de Crémone et la transhumance. Le pays avait déjà été reconnu pour le régime méditerranéen en 2013 et pour l’art des pizzaïolos napolitains en 2017. Petrillo précise qu’après la reconnaissance de 2017, le nombre d’écoles accréditées pour former des pizzaïolos napolitains a augmenté de plus de 400 %.

« Après la reconnaissance de l’UNESCO, il y a eu des effets économiques significatifs, tant sur le tourisme et la vente de produits que sur l’éducation et la formation », conclut-il.

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La couverture religieuse d’Associated Press reçoit un soutien grâce à la collaboration de l’AP avec The Conversation US, avec un financement de Lilly Endowment Inc. L’AP est seul responsable de ce contenu.

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