Home SantéLa défection de Zahawi met en lumière le scepticisme des Réformés à l’égard des vaccins | Nadhim Zahawi

La défection de Zahawi met en lumière le scepticisme des Réformés à l’égard des vaccins | Nadhim Zahawi

by Sophie Martin

Publié le 18 janvier 2024 08h30. L’arrivée de Nadhim Zahawi au sein du Parti réformiste britannique a ravivé les tensions internes, notamment autour de la politique vaccinale et de la représentation de la diversité au sein du parti, révélant des clivages profonds et des inquiétudes croissantes parmi les membres.

  • L’adhésion de l’ancien ministre conservateur Nadhim Zahawi au Parti réformiste a suscité une vive controverse, notamment en raison de son rôle passé dans le déploiement des vaccins contre la Covid-19.
  • Des membres du parti ont exprimé leur mécontentement, voire annoncé leur départ, en raison de l’hostilité affichée par certains envers les vaccins et de la présence de figures controversées promouvant des théories conspirationnistes.
  • Des propos islamophobes ont refait surface au sein du parti, certains membres dénonçant une prétendue « prise de contrôle musulmane » suite à l’arrivée de Zahawi et d’autres personnalités.

L’accueil réservé à Nadhim Zahawi, ancien chancelier conservateur, lors de son intégration au Parti réformiste lundi, a été loin d’être unanime. Si les questions des journalistes étaient nombreuses, c’est une interrogation particulière qui a visiblement irrité le nouveau venu : a-t-il pris ses distances avec les opinions du docteur Aseem Malhotra, un médecin invité à prendre la parole lors de la conférence annuelle du parti ? Ce dernier avait notamment affirmé que les vaccins contre la Covid-19, que Zahawi avait lui-même activement promus en tant que ministre des Vaccins pendant la pandémie, étaient responsables des cancers du roi Charles III et de la princesse de Galles.

Face à l’insistance des journalistes, Zahawi a réfuté toute pertinence de la question, la qualifiant de « vraiment stupide » et refusant d’y répondre. Pourtant, au-delà du cadre luxueux choisi pour l’annonce de son arrivée, son recrutement a semé l’inquiétude parmi les membres du parti, en particulier ceux pour qui l’opposition au programme de vaccination contre la Covid-19 est devenue un principe fondamental.

Les forums de discussion du parti sur les réseaux sociaux se sont animés, avec un nombre significatif de membres annonçant leur intention de quitter le parti. Parallèlement, un courant d’islamophobie, déjà présent par le passé, a refait surface. L’annonce de la candidature de Laila Cunningham à la mairie de Londres avait déjà suscité des réactions négatives, mais l’arrivée de Zahawi a été perçue par certains comme un autre exemple de « prise de contrôle musulmane » du parti fondé par Nigel Farage. Le chef politique du parti, Zia Yusuf, est depuis longtemps la cible de critiques racistes de la part de certains membres et sympathisants.

Un membre a ainsi écrit sur un groupe Facebook privé comptant 135 000 membres, dont des figures importantes du parti :

« Un autre ex-conservateur, un autre musulman et un autre qui a poussé au vaccin… désolé de le dire, mais les Réformistes perdent rapidement mon soutien. »

D’autres commentaires similaires ont été publiés sur d’autres plateformes en ligne utilisées par les membres du parti. Certains dénoncent le passé de Zahawi en tant que responsable du déploiement des vaccins, tandis que d’autres évoquent son soutien à une amnistie pour les migrants en situation irrégulière. Un autre membre a même affirmé que son fils souffrait d’un handicap grave en raison du vaccin.

Nigel Farage avait initialement affiché un soutien modéré aux vaccins pendant la pandémie, mais a ensuite adopté une position plus sceptique, voire hostile, envers les organisations de santé. Il a récemment été accusé de flirter avec des théories du complot vaccinales après avoir affirmé, à tort, que les gens étaient incités à se faire vacciner tous les six mois. D’autres personnalités influentes du parti, comme Richard Tice, expriment depuis longtemps des doutes quant à la sécurité et à la nécessité des vaccins. Il est apparu le mois dernier qu’un tiers des dirigeants locaux du parti affichaient des opinions sceptiques à l’égard de la vaccination, remettant en question les mesures de santé publique qui ont protégé des millions de personnes. Rapport.

La situation a atteint un point critique lors de la conférence du parti, où le docteur Aseem Malhotra a pris la parole pour affirmer que le vaccin contre la Covid-19 avait provoqué des cancers chez des membres de la famille royale. Discours. Malhotra, cardiologue britannique et conseiller du sceptique américain Robert F. Kennedy, avait été présenté par le président du Parti réformiste, David Bull, comme un contributeur à l’élaboration de la politique de santé du parti.

L’arrivée du docteur Chandra Kanneganti, ancien président de la British International Doctors Association, parmi les 20 nouveaux conseillers du parti, pourrait cependant apporter un contrepoids. Kanneganti, qui a activement promu la vaccination et souligné les inégalités ethniques révélées par la pandémie, a déclaré qu’il souhaitait partager son expertise en matière de politique de santé et remettre en question les opinions de personnalités comme Malhotra.

« J’ai une expertise nationale en la matière et j’espère pouvoir participer aux discussions. Il s’agit de suivre les preuves, tout en ne forçant pas les gens à accepter quelque chose avec lequel ils ne sont pas d’accord. »

Kanneganti a également souligné l’importance de lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux et de promouvoir les bienfaits de la vaccination. Photo.

Quant à Zahawi, il a refusé de préciser s’il avait obtenu des garanties concernant la position du parti sur les vaccins avant de rejoindre ses rangs, se contentant d’affirmer qu’il n’aurait pas accepté de rejoindre le parti si les positions n’étaient pas alignées sur la nécessité du programme de vaccination. David Bull a quant à lui minimisé le rôle de Zahawi, soulignant qu’il s’agissait d’un nouveau membre et que la position du parti sur les vaccins obligatoires n’avait pas changé.

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