Publié le 26 décembre 2025 à 13h27. Les approches chirurgicales mini-invasives, notamment via l’orbite, gagnent en popularité en neurochirurgie, et les avancées technologiques comme la réalité virtuelle jouent un rôle croissant dans la planification et la formation des chirurgiens.
- Plusieurs études confirment l’efficacité et la sécurité de l’approche supraorbitaire pour traiter diverses pathologies cérébrales.
- La réalité virtuelle (RV) est de plus en plus utilisée pour la planification chirurgicale, la formation des chirurgiens et l’amélioration du consentement éclairé des patients.
- Des recherches récentes mettent en évidence l’importance de la compréhension anatomique précise et de la maîtrise des techniques chirurgicales pour minimiser les risques de complications.
L’approche supraorbitaire, qui consiste à accéder au cerveau via une incision au niveau du sourcil ou de la paupière, est devenue une alternative intéressante aux craniotomies traditionnelles, plus invasives. Elle permet d’atteindre des zones difficiles d’accès avec un traumatisme moindre pour le patient. Plusieurs publications scientifiques, dont certaines datant du début des années 2000, témoignent de l’expérience croissante des neurochirurgiens avec cette technique. Une étude de Reisch et Perneczky (2005) https://doi.org/10.1227/01.neu.0000178353.42777.2c a ainsi fait état de dix ans d’expérience avec cette approche, soulignant sa faisabilité et sa sécurité.
Les applications de l’approche supraorbitaire sont variées. Elle est utilisée pour traiter les kystes de la fosse sellaire, les anévrismes cérébraux, les méningiomes de la région olfactive et d’autres pathologies complexes. Peng et coll. (2016) https://doi.org/10.1016/j.wneu.2016.04.121 ont notamment décrit une technique d’approche supraorbitaire en “trou de serrure” pour le traitement des kystes de la fosse de Rathke, réalisée sous visualisation endoscopique. Van Lindert et al. (1998) https://doi.org/10.1016/s0090-3019(96)00539-3 ont quant à eux exploré son utilisation pour les anévrismes supratentoriels.
Parallèlement à l’amélioration des techniques chirurgicales, les avancées technologiques jouent un rôle de plus en plus important dans la planification et la formation des neurochirurgiens. La réalité virtuelle (RV) offre des possibilités inédites pour visualiser l’anatomie complexe du cerveau, simuler des interventions chirurgicales et améliorer la précision des gestes. Des études récentes, comme celles de Yamashiro et coll. (2023) et de Saez-Alegre et coll. (2023) https://doi.org/10.1007/s00701-023-05880-4, démontrent l’intérêt de la RV pour l’étude de structures anatomiques spécifiques, comme le triangle TIGR de la région pinéale. Tai et ses collaborateurs ont également publié plusieurs travaux (2018, 2019, 2020, 2021) https://doi.org/10.1093/ons/opz201, https://doi.org/10.1016/j.wneu.2019.04.134, https://doi.org/10.1016/j.wneu.2020.11.173 sur l’optimisation des approches chirurgicales grâce à la RV et à la modélisation anatomique.
La formation des futurs neurochirurgiens bénéficie également de ces nouvelles technologies. Roh et coll. (2021) https://doi.org/10.3171/2021.5.FOCUS21193 ont montré que la dissection virtuelle du cerveau réel, intégrant des modèles photographiques 3D en RV, pouvait améliorer l’apprentissage des résidents en neurochirurgie. De même, Joseph et coll. (2023) https://doi.org/10.1007/s10143-023-01995-5 ont réalisé une revue systématique des approches de simulation chirurgicale en RV pour le traitement des anévrismes intracrâniens.
Enfin, la RV peut également être utilisée pour améliorer le consentement éclairé des patients. Westarp et coll. (2024) https://doi.org/10.1007/s00701-024-06355-w ont mené une étude pilote montrant que la RV peut aider les patients à mieux comprendre les procédures chirurgicales complexes et à prendre des décisions éclairées. Il est cependant crucial de rester vigilant quant aux risques potentiels liés à ces techniques, notamment en ce qui concerne la pression exercée sur le cerveau pendant la rétraction, comme le soulignent Thiex et coll. (2005) https://doi.org/10.1007/s00234-005-1426-0, ainsi que les complications potentielles liées aux fistules du liquide céphalo-rachidien, étudiées par Thaher et coll. (2015).
Les recherches continuent d’évaluer les bénéfices et les risques de ces approches, et de nouvelles études sont nécessaires pour optimiser les techniques chirurgicales et améliorer la prise en charge des patients.
