Home Monde“La diplomatie va gagner” – L’opposition du Groenland aux menaces américaines

“La diplomatie va gagner” – L’opposition du Groenland aux menaces américaines

by Clara Dubois

Publié le 11 janvier 2026 à 13h14. Le chef de l’opposition groenlandaise a minimisé les craintes d’une éventuelle invasion américaine de l’île, tout en réaffirmant la volonté de son peuple de choisir son propre destin, après les déclarations controversées du président Trump.

  • Les cinq principaux partis politiques groenlandais ont publié une déclaration commune rejetant fermement toute prise de contrôle du territoire par les États-Unis.
  • Pele Broberg, chef du parti Naleraq, estime que la diplomatie et le dialogue finiront par prévaloir face à la rhétorique américaine.
  • Le Groenland souhaite conclure un nouvel accord de défense avec les États-Unis, mais en dehors du cadre actuel avec le Danemark.

Alors que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité d’acquérir le Groenland, y compris par la force, les réactions se multiplient sur l’île arctique. Pele Broberg, chef du parti Naleraq, a déclaré à RTÉ News qu’il ne craignait pas une invasion américaine, jugeant une telle action dépourvue de logique pour tous les acteurs concernés, y compris les États-Unis, la Russie, la Chine et le Danemark.

« Je crois que la diplomatie et le dialogue finiront par gagner », a-t-il affirmé, ajoutant que l’hystérie actuelle ne devrait pas aboutir. Les cinq partis politiques représentés au parlement groenlandais ont d’ailleurs publié une déclaration commune particulièrement ferme, dénonçant les propos de M. Trump comme étant « extrêmement irrespectueux ». Ils ont réaffirmé leur opposition à toute prise de contrôle américaine du Groenland.

« Nous ne serons pas Américains, nous ne serons pas Danois, nous sommes Groenlandais », ont-ils insisté dans leur communiqué.

Pelé Broberg, le chef du parti indépendantiste Naleraq, regarde le décompte des votes
« Je ne pense pas que cette hystérie finira par prévaloir », a déclaré le chef du parti Naleraq, Pelé Broberg.

M. Broberg a également souligné que les zones du Groenland susceptibles d’être influencées par la Chine ou la Russie se situent principalement le long de la côte est, une région peu peuplée. Il a minimisé les risques pour la population groenlandaise, affirmant que personne n’a « rien à craindre », que ce soit du Danemark, de la France ou de l’Italie, même en cas de déploiement de troupes de l’OTAN.

Il a révélé que sa première réaction en entendant la Maison Blanche évoquer l’usage de la force avait été de penser : « c’est reparti », se demandant si ces déclarations étaient littérales ou simplement une tactique de négociation. Il a regretté qu’aucun représentant de l’administration Trump ne l’ait contacté malgré son appel au dialogue.

M. Broberg a cependant précisé qu’il serait le premier à solliciter l’aide des politiciens groenlandais si les États-Unis avaient besoin de leur assistance, dans le but de libérer son peuple de la tutelle danoise et de permettre l’établissement d’une citoyenneté groenlandaise.

Les partis politiques groenlandais souhaitent conclure un nouvel accord de défense avec les États-Unis, remplaçant l’accord actuel conclu avec le Danemark en 1951. Ils estiment que cette question doit être abordée directement avec Washington, sans l’intermédiaire de Copenhague. Un accord de 2009 entre le Groenland et le Danemark reconnaît le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais, mais les partis divergent sur les modalités et le calendrier de cette indépendance.

M. Trump avait précédemment déclaré que les États-Unis devaient posséder le Groenland pour empêcher la Russie ou la Chine de s’y installer, estimant que les accords militaires existants étaient insuffisants. Il avait même suggéré de recourir à la force pour parvenir à ses fins, évoquant une acquisition « de la manière la plus facile ou la plus difficile ».

« Je ne pense pas que cette hystérie finira par prévaloir. Je crois en fait que la diplomatie et le dialogue finiront par gagner. »

Pelé Broberg, chef du parti Naleraq

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