La Football Association a averti que la décision de la commission indépendante contre Manchester City pose des risques majeurs pour l’intégrité du football. Le club a fait appel de sa condamnation pour plus de 100 infractions financières, tandis que le débat enfle sur l’avenir de sa direction et de ses trophées.
La Fédération anglaise intervient face aux risques
La Fédération anglaise de football a déclaré que la décision de la commission indépendante à l’encontre de Manchester City comporte des implications significatives pour l’intégrité du sport. L’instance nationale a indiqué qu’elle examinait attentivement ce dossier et qu’elle prendrait les mesures nécessaires le cas échéant, tout en précisant qu’elle suivrait l’évolution de la situation de près.
Cette prise de position intervient après qu’une commission indépendante a jugé Manchester City coupable d’une série d’infractions financières sur une période de neuf ans, entre 2009 et 2018. L’enquête de Premier League reproche au club d’avoir dissimulé le véritable état de ses finances à travers des contrats de complaisance et des contournements de règles budgétaires.
En juillet dernier, la fédération avait infligé une amende de 10 millions de livres à Chelsea après des infractions similaires sur les règlements concernant les agents.
Manchester City dépose son recours complet
Manchester City a officiellement déposé un recours complet auprès d’un panel d’appel indépendant. Le club conteste l’intégralité du jugement, affirmant que l’avis de la commission contient des erreurs matérielles de droit et de fait et qualifiant la décision d’infondée.
Au cœur de la défense des Sky Blues se trouve la nature de leurs accords commerciaux majeurs. Le club soutient que des contrats publicitaires cruciaux ont été financés par le gouvernement d’Abou Dabi et non directement par les propriétaires. Toutefois, cette ligne de défense se heurte aux déclarations formulées par le sponsor principal du club, Etihad Airways, auprès du gouvernement américain, où la compagnie aérienne a nié recevoir des subventions publiques directes pour ses parrainages sportifs, selon les éléments rapportés.
La compagnie aérienne nationale des Émirats arabes unis étudie d’éventuelles actions en justice, rejetant toute implication dans des arrangements commerciaux irréguliers et dénonçant des répercussions dommageables liées à la publication des conclusions caviardées.
Gary Neville conteste le statut des propriétaires
L’ancien international anglais Gary Neville a estimé qu’il serait difficile pour le groupe propriétaire de conserver son statut actuel à la tête du club au regard du test d’aptitude des propriétaires et des dirigeants si la condamnation est confirmée en appel.

L’entraîneur d’Aston Villa, Unai Emery, a souligné que la gestion des budgets et l’inflation financière concernaient un grand nombre de formations soumises aux contraintes du fair-play financier. De son côté, l’ancien technicien de Liverpool Jurgen Klopp a adopté une position mesurée concernant d’éventuelles rétroations de titres passés, affirmant son respect pour le travail accompli sur le terrain par Pep Guardiola et ses équipes durant les saisons de lutte au sommet.
Les sanctions et le calendrier face au recours
Le règlement de la Premier League prévoit un éventail de sanctions incluant des amendes illimitées, des retraits massifs de points ou, dans le cas le plus extrême, l’exclusion pure et simple de la division. Une telle décision d’expulsion requiert une majorité qualifiée des trois quarts parmi les clubs actionnaires, un seuil que des cadres de l’élite jugent hautement improbable à atteindre en raison de l’impact financier négatif qu’une telle mesure aurait sur les droits télévisés globaux.
Selon les règles de la Premier League, l’examen de l’appel doit en principe se dérouler d’ici la fin du mois de janvier. La direction menée par Cheikh Mansour ben Zayed Al-Nahyan, rachetée en 2008 à travers le groupe Abu Dhabi United, maintient que la structure reste une entreprise privée indépendante et conteste fermement les accusations d’avoir masqué de prétendus financements occultes par le biais d’accords dits fictifs.
La commission indépendante avait indiqué dans ses conclusions publiées que ces montages artificiels avaient permis d’enfler les revenus et de réduire les dépenses de manière substantielle sur la période allant de 2009 à 2018. En réponse, le président du club Khaldoon Al Mubarak a insisté sur l’existence de preuves irréfutables attestant de la totale innocence de l’institution mancunienne, alors que les instances dirigeantes s’attendent à ce que de nouveaux développements judiciaires rythment les mois à venir pour fixer définitivement le sort sportif du club.