Home SantéLa façon dont vous conduisez peut prédire le risque de déclin cognitif, selon une étude

La façon dont vous conduisez peut prédire le risque de déclin cognitif, selon une étude

by Sophie Martin

Publié le 4 décembre 2025 à 19h08. Des chercheurs américains ont identifié des changements subtils dans les habitudes de conduite qui pourraient signaler un déclin cognitif précoce, ouvrant la voie à une détection plus rapide des premiers stades de la démence, comme la maladie d’Alzheimer.

  • Une étude a révélé que la réduction de la fréquence des trajets, la répétition d’itinéraires familiers, l’évitement des déplacements nocturnes et le dépassement des limitations de vitesse sont des indicateurs potentiels.
  • L’analyse des données GPS de plus de 300 personnes âgées a permis d’atteindre une précision de 87 % dans l’identification des personnes présentant un déclin cognitif.
  • Cette approche non invasive et peu coûteuse pourrait permettre une intervention précoce et améliorer la sécurité routière.

Des habitudes de conduite modifiées pourraient être un signal d’alarme précoce pour les troubles cognitifs, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Washington à Saint-Louis. L’étude, publiée dans la revue Neurology, suggère que l’observation des comportements de conduite quotidiens pourrait constituer un outil précieux pour détecter les premiers signes de déclin cognitif, avant même que les symptômes ne deviennent manifestes.

L’équipe de recherche, dirigée par le professeur Ganesh M. Babulal, a suivi pendant environ trois ans 56 personnes âgées présentant un léger déclin cognitif et 242 personnes sans problèmes cognitifs. Tous les participants conduisaient au moins une fois par semaine au début de l’étude et ont été équipés d’un dispositif GPS permettant d’enregistrer leurs itinéraires, leurs vitesses, leurs freinages et d’autres paramètres de conduite. Les chercheurs ont également réalisé des tests cognitifs standardisés et des analyses génétiques pour identifier la présence du gène APOEε4, associé à un risque accru de démence.

Les résultats ont révélé que les personnes présentant un déclin cognitif avaient tendance à réduire progressivement leurs déplacements, à éviter de conduire la nuit, à simplifier leurs itinéraires et à dépasser les limitations de vitesse. Au début de l’étude, les comportements de conduite étaient similaires entre les deux groupes, mais ces différences sont devenues plus prononcées avec le temps. En combinant ces données de conduite avec des informations sur l’âge, le sexe, les résultats des tests cognitifs et la présence du gène APOEε4, les chercheurs ont atteint une précision de 87 % dans l’identification des personnes atteintes d’un déclin cognitif. Sans les données de conduite, cette précision chutait à 76 %.

« Nous avons constaté qu’en utilisant un dispositif de suivi des données GPS, nous pouvions déterminer avec plus de précision qui avait développé des problèmes cognitifs plutôt que de considérer uniquement des facteurs tels que l’âge, les résultats des tests cognitifs et la présence d’un facteur de risque génétique lié à la maladie d’Alzheimer. »

Professeur Ganesh M. Babulal

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 44 millions de personnes dans le monde sont actuellement atteintes de la maladie d’Alzheimer, et ce chiffre devrait tripler d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population. Cette nouvelle approche de détection précoce pourrait permettre une intervention rapide et améliorer la qualité de vie des personnes concernées, tout en contribuant à la sécurité routière.

Le professeur Babulal souligne l’importance de respecter l’autonomie, la vie privée et le droit à l’information des individus, afin de garantir une approche éthique de cette surveillance. L’observation du comportement de conduite quotidien apparaît ainsi comme un moyen relativement non invasif et peu coûteux de surveiller les capacités cognitives et fonctionnelles des personnes âgées.

Les détails de cette recherche, intitulée Association des comportements de conduite quotidiens avec de légères déficiences cognitives chez les personnes âgées suivies sur 10 ans, sont disponibles dans la revue Neurology.

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