Home SantéLa façon dont vous conduisez une voiture révèle des indices sur la santé du cerveau

La façon dont vous conduisez une voiture révèle des indices sur la santé du cerveau

by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025. Des changements subtils dans les habitudes de conduite pourraient signaler un déclin cognitif précoce, selon une étude de l’Université de Washington à Saint-Louis. Une analyse des données GPS pourrait ainsi devenir un outil précieux pour détecter les premiers signes de la maladie d’Alzheimer.

  • Les chercheurs ont constaté que les personnes présentant une déficience cognitive légère (MCI) conduisent moins fréquemment, moins souvent la nuit et avec moins de variation dans leurs itinéraires.
  • En combinant ces données de conduite avec d’autres facteurs de risque, la précision de la détection des troubles cognitifs atteint 87 %.
  • Cette approche non intrusive pourrait permettre une intervention précoce et améliorer la sécurité routière.

Une équipe de l’Université de Washington à Saint-Louis a mis en évidence un lien potentiel entre les habitudes de conduite et la santé cognitive. L’étude, publiée dans la revue Neurologie, suggère que l’analyse des données GPS des véhicules pourrait constituer un moyen efficace d’identifier les personnes à risque de développer des problèmes cognitifs, voire la maladie d’Alzheimer.

Ganesh Babulal, auteur principal de l’étude, explique :

« Nous avons découvert qu’en utilisant un dispositif de suivi des données GPS, nous pouvions déterminer avec plus de précision qui avait développé des problèmes cognitifs, par rapport à la simple analyse de facteurs tels que l’âge, les résultats des tests cognitifs et la présence ou non d’un facteur de risque génétique lié à la maladie d’Alzheimer. »

Ganesh Babulal, auteur principal de l’étude

L’étude a porté sur 56 personnes déjà diagnostiquées avec une déficience cognitive légère (MCI), un état qui peut précéder la maladie d’Alzheimer, et 242 participants du même âge sans diagnostic de ce type. Tous les participants, d’un âge moyen de 75 ans, déclaraient conduire au moins une fois par semaine et ont accepté d’installer un système de suivi GPS dans leurs véhicules.

Au début de l’étude, les habitudes de conduite des deux groupes étaient similaires. Cependant, avec le temps, des différences significatives sont apparues. Les personnes atteintes de MCI ont progressivement réduit leur fréquence de conduite, évité de conduire la nuit et ont montré moins de diversité dans leurs itinéraires habituels.

En intégrant ces données comportementales à d’autres informations, telles que l’âge, les résultats des tests cognitifs et la présence de gènes associés à la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont pu atteindre une précision de 87 % dans la détection des troubles cognitifs. Selon Ganesh Babulal :

« L’analyse du comportement de conduite quotidien des gens est une manière relativement peu exigeante et discrète de surveiller leurs capacités cognitives et leur capacité à fonctionner. Cela pourrait aider à identifier les conducteurs à risque avant une intervention précoce, avant qu’ils n’aient un accident ou un quasi-accident, ce qui arrive souvent aujourd’hui. »

Ganesh Babulal, auteur principal de l’étude

Les chercheurs soulignent toutefois l’importance de respecter l’autonomie, la vie privée et le droit à l’information des individus, ainsi que de garantir le respect des normes éthiques dans l’utilisation de ces technologies.

Pour plus d’informations sur la déficience cognitive légère, vous pouvez consulter la clinique Mayo. SOURCE : Neurologie, communiqué de presse, 26 novembre 2025.

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