Publié le 8 novembre 2025 à 01h05. Une famille de Romeoville, dans l’Illinois, a été victime d’une escroquerie impliquant un faux avocat spécialisé en droit de l’immigration, perdant des milliers de dollars dans l’espoir de libérer leur père détenu par les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cette affaire met en lumière une recrudescence des fraudes ciblant les communautés immigrées vulnérables.
- Une famille de Romeoville a perdu 7 650 $ (environ 6 800 €) en payant les frais à un escroc se faisant passer pour un avocat en immigration.
- L’American Bar Association (ABA) a confirmé que les documents présentés par l’escroc, incluant un faux contrat et un faux reçu, étaient des contrefaçons.
- L’ABA a émis une alerte concernant les sollicitations directes via les réseaux sociaux et les demandes de paiement par des plateformes mobiles.
Delia et Silvia Davila, assises dans le domicile familial de Romeoville, ont raconté comment elles ont désespérément cherché à obtenir la libération de leur père, Roberto, arrêté le 19 octobre alors qu’il revenait de courses à Bolingbrook. Selon elles, l’arrestation s’est faite sans mandat et sans motif apparent.
« Il n’y avait aucun mandat. Il n’y avait rien contre mon père. Alors il leur a demandé : ‘Pourquoi m’emmenez-vous ?’ Et l’un d’eux lui a dit : « Parce que c’est la loi. »
Delia Davila
Les Davila, originaires du Pérou et demandeurs d’asile en situation régulière aux États-Unis, ont trouvé sur Facebook une personne se présentant comme un avocat spécialisé en droit de l’immigration. Ils ont rapidement établi un contact et ont été assurés qu’une demande de caution pouvait être déposée auprès d’un juge fédéral.
L’échange avec l’escroc, se déroulant via l’application WhatsApp, a duré plusieurs jours. La famille a même reçu un formulaire du Département de la Sécurité intérieure (DHS) semblant confirmer la représentation légale. La première demande de paiement s’est élevée à 850 $ (environ 750 €), réglée par l’intermédiaire de Zelle. L’escroc a ensuite exigé des documents personnels sensibles, tels que le permis de conduire, le passeport, le numéro de sécurité sociale et les relevés bancaires de Roberto Davila, invoquant l’urgence de la situation, notamment en raison de l’autisme de l’un des frères de Delia et Silvia.
Quelques jours plus tard, la famille a reçu un avis semblant provenir du ministère de la Justice, annonçant une audience en ligne prévue le 31 octobre. Lors de cette fausse audience, des individus se sont présentés comme un juge fédéral, un représentant du DHS et l’avocat engagé. Vingt minutes après le début de cette mascarade, la famille a reçu la « bonne nouvelle » : Roberto Davila bénéficiait d’une libération sous caution, moyennant le paiement de 6 800 $ (environ 6 000 €) dans les 24 heures, directement à l’« avocat » qui agissait, selon ses dires, comme sa caution.
La famille a rapidement réalisé qu’elle avait été victime d’une arnaque. L’American Bar Association a confirmé l’authenticité des faux documents utilisés par l’escroc. L’ABA a lancé une alerte pour sensibiliser le public aux pratiques frauduleuses suivantes :
- Sollicitations directes via les réseaux sociaux ou WhatsApp
- Demandes de paiement de frais via des plateformes de paiement mobile
L’ABA précise généralement qu’elle ne facture pas directement les services juridiques.
Les Davila ont lancé une page de collecte de fonds en ligne pour continuer à se battre pour la libération de leur père.
« Mes prières vont à toute la communauté immigrée et nous savons qu’à la fin nous verrons la lumière. »
Delia Davila
Pour obtenir une assistance juridique fiable, il est conseillé de contacter le Réseau de défenseurs de l’immigration ou l’ Association américaine des avocats spécialisés en immigration.