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La Fed n’est pas pressée de baisser ses taux alors que les marchés repoussent les attentes d’assouplissement jusqu’au printemps

La perspective d'une baisse rapide des taux d'intérêt aux États-Unis s'éloigne, ce qui renforce le dollar américain et place le yen japonais sous pression. Les récentes données sur l'emploi, bien que mitigées, n'ont pas fondamentalement modifié les attentes…

La Fed n’est pas pressée de baisser ses taux alors que les marchés repoussent les attentes d’assouplissement jusqu’au printemps

La perspective d’une baisse rapide des taux d’intérêt aux États-Unis s’éloigne, ce qui renforce le dollar américain et place le yen japonais sous pression. Les récentes données sur l’emploi, bien que mitigées, n’ont pas fondamentalement modifié les attentes du marché concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Malgré une augmentation du chômage à son plus haut niveau depuis septembre 2021, et une légère baisse du taux de chômage en octobre, les marchés financiers estiment désormais à 24 % la probabilité d’une réduction du taux des fonds fédéraux en janvier, et à 52 % en mars. Ces chiffres sont inchangés par rapport aux prévisions d’avant la publication des derniers chiffres de l’emploi, selon les produits dérivés.

La Fed semble donc déterminée à attendre au moins le printemps avant d’envisager un assouplissement de sa politique monétaire. Cette prudence a provoqué une volatilité importante sur le marché des changes, l’indice du dollar américain connaissant des fluctuations notables. Les investisseurs considèrent les mois de septembre, octobre et décembre comme des périodes de transition, visant à freiner un éventuel ralentissement du marché du travail américain. Les premiers résultats semblent confirmer l’efficacité de cette stratégie : après une moyenne de 13 000 créations d’emplois par mois pendant l’été, ce chiffre est passé à 75 000 à l’automne, une fois corrigé des licenciements dans le secteur public.

L’arrivée de Kevin Hassett à la tête de la Fed ne devrait pas non plus accélérer le processus de baisse des taux. Il a souligné que les décisions du Comité fédéral de politique monétaire (FOMC) sont prises de manière collégiale. « Même si le président le souhaite et que le gouverneur de la banque centrale est d’accord, cela ne signifie pas nécessairement que le coût de l’emprunt baissera », a-t-il déclaré, limitant ainsi les perspectives d’une politique monétaire plus souple en 2026 à un ou deux ajustements.

Par ailleurs, la Banque centrale européenne (BCE) a affiché un certain soulagement face à la réaction du marché américain aux chiffres de l’emploi. Cependant, le renforcement du dollar pourrait freiner l’inflation et peser sur les exportations et la croissance de la zone euro, qui affiche déjà des signes de faiblesse économique.

La Banque du Japon (BoJ) est également sous surveillance. Selon une enquête de Bloomberg auprès de 50 experts, les marchés anticipent une hausse du taux au jour le jour de 0,5 % à 0,75 % lors de la réunion du 19 décembre. La majorité des analystes (environ deux sur trois) s’attendent à une normalisation de la politique monétaire tous les six mois, tandis que 20 % prévoient une révision annuelle. Cette attitude prudente de la BoJ, combinée à la pause de la Fed, pourrait rendre le yen particulièrement vulnérable aux ventes à découvert.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.