La question taraude les investisseurs : la Réserve fédérale américaine va-t-elle poursuivre sa politique de baisse des taux d’intérêt, ou bien marquer une pause ? Après un dernier trimestre 2025 marqué par une hausse des marchés boursiers suite au début de cette détente monétaire, l’incertitude plane sur les prochaines décisions de la banque centrale, divisée sur la meilleure voie à suivre.
Plusieurs arguments plaident en faveur d’une continuation de la baisse des taux. Une politique monétaire plus souple tend généralement à stimuler les marchés actions, notamment en réduisant le coût du crédit pour les entreprises. Cette mesure pourrait également encourager les embauches et inverser la tendance actuelle au ralentissement de la croissance de l’emploi.
Les investisseurs en quête de revenus constatent également que les actions, en particulier les titres versant des dividendes, peuvent offrir des rendements plus attractifs que les obligations du Trésor américain ou d’autres actifs à revenu fixe. Par ailleurs, le poids de la dette nationale américaine constitue un facteur non négligeable : le Trésor doit refinancer plus de 10 000 milliards de dollars (environ 9 250 milliards d’euros) de dette au cours des 12 prochains mois, et souhaiterait naturellement le faire à des taux d’intérêt plus bas.
Cependant, certains analystes mettent en garde contre un optimisme excessif. Si la croissance économique ralentit, elle reste néanmoins supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la Fed. De plus, les deux premières baisses de taux observées jusqu’à présent n’ont pas entraîné de flambée de l’inflation, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives. L’impact des mesures incitatives contenues dans le plan de relance économique, surnommé « One Big Beautiful Bill », ne se fera pleinement sentir qu’à partir de 2026. Comme l’expérience de 2020 l’a montré, une augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs se traduit souvent par une hausse des dépenses.
Les premières réponses à ces interrogations seront apportées lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale en janvier. D’ici là, les experts conseillent de se concentrer sur les actions qui semblent offrir un potentiel de croissance solide, quelle que soit l’issue de cette réunion. Le secteur financier, en particulier, mérite une attention particulière.
Trois valeurs à surveiller
Bank of America (BAC) : Cette banque propose une plateforme bancaire diversifiée, conçue pour tirer profit des fluctuations des taux d’intérêt. Sa direction a démontré sa capacité à maîtriser les coûts des dépôts sans compromettre la solidité de l’entreprise, un atout précieux si la baisse des taux directeurs s’avère plus lente que prévu. Les investissements de Bank of America dans la technologie et l’intelligence artificielle visent à améliorer son efficacité opérationnelle, ce qui pourrait se traduire par une augmentation des bénéfices et des rendements du capital. L’action BAC a progressé de 25 % en 2025 et affiche une tendance haussière, soutenue par un objectif de prix consensuel des analystes qui prévoit une hausse d’environ 8 %, grâce à des attentes de croissance des bénéfices d’environ 17 % au cours des 12 prochains mois.
Charles Schwab (SCHW) : Cette société offre une alternative intéressante pour parier sur la santé de l’économie américaine. Contrairement aux grandes banques, Schwab est moins exposée aux prêts risqués. Ses revenus proviennent principalement des intérêts sur les liquidités de ses clients, des frais de courtage et des services de conseil rémunérés. Ce modèle économique, moins dépendant des actifs, est plus résilient face aux fluctuations économiques. À mesure que les taux d’intérêt se stabiliseront et que le comportement des clients reviendra à la normale, les bénéfices de Schwab pourraient devenir plus prévisibles. L’action SCHW a augmenté de 35 % en 2025, malgré un repli temporaire après la publication de ses résultats du troisième trimestre, qui avaient dépassé les attentes. Les analystes restent optimistes, anticipant une croissance des bénéfices d’environ 23 %.
Prudential Financial (PRU) : Cette entreprise offre aux investisseurs une exposition aux secteurs de l’assurance et de la retraite, qui peuvent prospérer dans un contexte de taux d’intérêt à long terme élevés, de vieillissement de la population et de demande croissante pour des produits garantissant un revenu futur. Prudential constate souvent une augmentation de la demande en période d’incertitude économique, car les clients recherchent la stabilité. Son vaste portefeuille d’investissements lui permet également de générer des taux d’intérêt plus élevés qu’au cours des années 2010. Cette combinaison de revenus stables, de protection en période de crise et de croissance à long terme différencie Prudential des banques et des sociétés de courtage. L’action PRU a connu une baisse d’environ 3,9 % en 2025, mais a terminé l’année sur une note positive, avec une hausse d’environ 9,8 %, formant une figure de « croix dorée » à la mi-décembre. Les investisseurs surveilleront attentivement si l’action parvient à se maintenir au-dessus de sa moyenne mobile sur 50 jours.