Publié le 2025-05-17. Le neurologue Chema González de Echávarri démystifie la fibromyalgie à l’occasion de la Journée Mondiale de cette maladie, en mettant en lumière les bases biologiques et neurochimiques désormais identifiées par la science, loin des idées reçues.
- Des altérations du traitement central de la douleur et des déséquilibres neurochimiques sont observés chez les patients atteints de fibromyalgie.
- Des variations génétiques et épigénétiques, ainsi qu’une réponse anormale à la sécrétion de cortisol, pourraient jouer un rôle dans le développement de la maladie.
- L’inflammation de faible intensité et les lésions neuronales sont également détectées chez les personnes souffrant de fibromyalgie.
À l’occasion de la Journée Mondiale de la Fibromyalgie, célébrée le 12 mai dernier, le neurologue et vulgarisateur scientifique Chema González de Echávarri a publié une vidéo sur les réseaux sociaux visant à déconstruire les préjugés persistants entourant cette pathologie chronique. Grâce à un examen approfondi des données scientifiques, il a exposé les différentes anomalies biologiques constatées chez les patients diagnostiqués, soulignant ainsi la dimension physique et neurologique souvent minimisée de la fibromyalgie.
L’un des aspects les plus significatifs, selon le Dr. González de Echávarri, réside dans le fonctionnement du système nerveux central. Les personnes atteintes de fibromyalgie présentent une hyperexcitabilité dans le traitement de la douleur. Cela signifie que le cerveau réagit de manière disproportionnée, même face à des stimuli douloureux légers. Il ajoute que les mécanismes inhibiteurs de la douleur sont également perturbés, empêchant l’organisme de réguler efficacement ces signaux nocifs.
Le neurologue a également mis en évidence un déséquilibre de la chimie cérébrale. Des changements ont été observés dans la sécrétion de glutamate, de substance P, de dopamine, de sérotonine et de noradrénaline, des composés essentiels à la modulation de la douleur. Ces déséquilibres expliquent pourquoi la souffrance ressentie par les patients n’est pas subjective ou imaginaire, mais possède une base neurochimique mesurable.
Les recherches ont également révélé des variations génétiques et épigénétiques chez les personnes atteintes de fibromyalgie. Ces altérations affectent des gènes impliqués dans le transport de neurotransmetteurs comme la dopamine ou la sérotonine, ainsi que d’autres gènes liés à la réponse au stress, à l’inflammation et à la douleur. Cette observation suggère que la fibromyalgie n’est pas liée à un seul facteur, mais à une combinaison de prédispositions génétiques et de déclencheurs externes.
Un de ces déclencheurs pourrait être lié à l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, une voie majeure de régulation hormonale. Chez les patients atteints de fibromyalgie, on observe une réponse anormale dans la sécrétion de cortisol, l’hormone du stress, ce qui peut contribuer aux douleurs chroniques et à la fatigue intense.
Des signes d’inflammation de faible intensité ont également été détectés dans l’organisme des patients. Des études ont révélé des taux élevés de cytokines pro-inflammatoires dans le plasma et le liquide céphalo-rachidien, suggérant une activation immunitaire persistante. De plus, la présence de protéines associées à des lésions neuronales, comme les neurofilaments, renforce l’idée d’une base organique à la maladie.
Le système nerveux autonome, qui contrôle les fonctions involontaires telles que la fréquence cardiaque et le sommeil, semble également perturbé chez les personnes souffrant de fibromyalgie. Cela pourrait expliquer la diversité des symptômes observés, notamment les troubles du sommeil, la fatigue et les difficultés cognitives, telles que le fameux « brouillard mental », caractérisé par une confusion ou un ralentissement mental affectant la mémoire, l’attention et la vitesse de traitement de l’information.
Le Dr. González de Echávarri conclut en affirmant :
« Il y a une altération du traitement central de la douleur, et ce n’est pas seulement quelque chose de purement psychologique ou quelque chose que les gens inventent. »
Chema González de Echávarri, neurologue et vulgarisateur scientifique
La fibromyalgie est, selon lui, une « entité neurobiologique très complexe, dont nous ne connaissons même pas la moitié des choses ».

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