La FIFA a pris en charge près de 4 millions d’impôts personnels dus par son président Gianni Infantino aux États-Unis entre 2024 et 2026. Cette mesure, révélée par une enquête conjointe, est vivement critiquée à l'approche de l'élection présidentielle de l'instance prévue en mars 2027.
L’instance dirigeante du football mondial se retrouve de nouveau sous le feu des critiques. Une enquête menée conjointement par Le Monde et le New York Times met en lumière des avantages financiers et fiscaux considérables accordés au sommet de l’organisation.
Les détails de la prise en charge fiscale aux États-Unis
Entre 2024 et 2026, la FIFA a réglé l’intégralité des impôts américains de son président. Cette somme totale s’élève à environ 4 millions de dollars, soit près de 3,6 millions d’euros, d’après les documents internes consultés par les rédactions.
Ce décaissement découle d’un mécanisme d’égalisation fiscale initialement conçu pour compenser l’écart d’imposition subi par les salariés expatriés. Toutefois, ce dispositif était strictement réservé aux employés de l’instance, et non à ses dirigeants élus. En tant qu’élu s’étant installé à Miami pour préparer la Coupe du monde des clubs 2025 et la Coupe du monde 2026, Gianni Infantino ne remplissait pas les critères d’éligibilité théoriques pour en bénéficier.
Le rôle de Bruno Chiomento et les privilèges internes
L’enquête attribue l’origine de cette faveur à une décision prise en 2024 par un comité restreint. Bruno Chiomento, avocat suisse et président de la commission indépendante de gouvernance, d’audit et de conformité de la FIFA, aurait proposé cette compensation validée sans jamais figurer dans les documents officiels. D’après 20 Minutes, ces modifications ont été menées par l’intermédiaire de la sous-commission de rémunération puis de la commission indépendante de gouvernance, d’audit et de conformité, toutes deux présidées par ce même avocat qualifié d’ami du patron.
Bruno Chiomento dispose d’un pass VVIP (« very very important person ») lui garantissant l’accès à l’ensemble des matches de son choix, et perçoit sa rémunération annuelle en francs suisses — à hauteur de 250 000 CHF — plutôt qu’en dollars, profitant ainsi d’un taux de change avantageux par rapport à ses homologues.

Un climat tendu avant le congrès de mars 2027
Quelques semaines plus tôt, des articles de presse avaient évoqué l’existence d’un second salaire non déclaré versé par la structure américaine en charge de l’organisation du Mondial 2026. L’UEFA maintient par ailleurs sa pression sur la gouvernance de l’instance après l’abandon du projet d’ouverture du capital à des investisseurs privés. Sur ce front, Lemonde indique qu’une lettre datée du lundi 19 octobre et adressée au secrétaire général de la FIFA, le Suédois Mattias Grafström, par son homologue de l’UEFA, le Grec Theodore Theodoridis, demandait le détail de la rémunération du dirigeant et sa part fiscale, avec une date butoir fixée au lundi 2 novembre, martelant que ces questions nécessitent des réponses maintenant et ne peuvent pas être reportées.
Alors que la FIFA rejette toute irrégularité et renvoie vers ses statuts, ces affaires s’accumulent à l’approche du 77e congrès de l’organisation, fixé au 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc, où le dirigeant brigue un nouveau mandat.