Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Fady Dagher, a prononcé lundi des congédiements administratifs sans précédent visant sept policiers des postes de quartier 21 et 39, dans un climat de vive tension alimenté par des allégations de racisme et de destruction de preuves.
Le congédiement de sept policiers par le SPVM
Sur les sept personnes visées, six faisaient déjà l’objet de suspensions et avaient remis leurs armes et leurs badges plus tôt dans l’année. Les dossiers d’enquête ont été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui n’a pas encore statué sur d’éventuelles accusations criminelles, comme l’a précisé le directeur Fady Dagher lors d’un point de presse.
Les antécédents au poste de quartier 39 et le dossier de violence conjugale
Les tensions au sein du SPVM se sont intensifiées depuis le démantèlement, en juin dernier, d’une unité de 16 policiers du PDQ 39. Cette intervention faisait suite à des signalements internes concernant des agents qui auraient coupé des mèches de cheveux de personnes interpellées pour en faire des trophées. La situation s’est alourdie lorsqu’un agent de ce même poste a été visé par une enquête criminelle pour entrave à la justice et prévarication, après avoir présumément effacé une preuve vidéo sur le téléphone d’une victime de violence conjugale en 2025.
« Quand c’est arrivé cette histoire là, je peux vous dire » que « j’ai été extrêmement choqué parce qu’une victime » qui « a la force de pouvoir se rapporter et de dénoncer, qu’elle soit servie ainsi, ce n’est pas, ce n’est pas décevant, c’est un mot très faible, c’est totalement dégueulasse. »
Fady Dagher, directeur du SPVM
La réaction de la Fraternité des policiers face aux propos du directeur
L’utilisation de certains termes par la direction du SPVM a provoqué une levée de boucliers au sein de l’organisation syndicale. Dans une lettre rendue publique par la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM), le président Yves Francœur a vivement contesté la promesse formulée par le chef de police de venger ces citoyens qui ont vécu ces actes horribles
.
Le concept de vengeance des citoyens a été invoqué. Il s’agissait d’une référence manifestement inacceptable. La notion de vengeance est rejetée par le droit pénal canadien et le système de justice en général. Elle n’a aucune pertinence juridique et n’aurait pas dû être invoquée.
Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal
Malgré cette sortie, le syndicat a tenu à réitérer sa condamnation des comportements reprochés aux agents fautifs, qualifiant les gestes allégués d’absolument inacceptables et salissant notre honneur.

Les interpellations des organismes communautaires de Montréal-Nord
Du côté des groupes d’aide, l’actualité récente relance des inquiétudes profondes concernant la sécurité des femmes et l’accès aux services. La Table femmes Osez au féminin (TFOF), qui rassemble sept organismes de Montréal-Nord, a rappelé qu’un portrait de recherche publié en 2019 indiquait un taux de violence conjugale signalé à la police dans l’arrondissement près de deux fois supérieur à la moyenne montréalaise, s’établissant à 7,12 cas pour 1 000 femmes contre 3,75.
Les intervenantes réclament des rencontres urgentes avec plusieurs ministres provinciaux ainsi qu’avec la mairesse de Montréal et le directeur du SPVM, exigeant un financement récurrent adéquat pour soutenir les centres de première ligne dans ce territoire.
https://x.com/SPVM/status/2116174992069038171